PRESSE ACTU est votre média de référence pour les actualités congolaises et internationales. Politique, économie, culture, sport et bien plus.

SÉCURITÉ

Accord de Washington RDC–Rwanda : sept mois après, les FDLR toujours actives et maintien des mesures défensives rwandaises à l’Est

Sept mois après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, le processus peine à produire des résultats tangibles. C’est le constat principal du Rapport d’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord, publié ce samedi 31 janvier 2026 par le Baromètre des Accords de Paix en Afrique.

Un élément des FDLR. ( photo d'illustration).
Un élément des FDLR. ( photo d'illustration).

Dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, le rapport souligne que la dynamique amorcée à Washington s’est rapidement essoufflée. Le document, couvrant le mois de janvier 2026, identifie plusieurs obstacles majeurs : l’intensification des hostilités dans l’Est de la RDC, la persistance des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le maintien des mesures défensives rwandaises et les entraves à l’accès humanitaire pour les populations civiles.

Globalement, l’état d’avancement de l’accord demeure peu encourageant : le taux d’exécution stagne à 23,3 %, un chiffre inchangé depuis novembre et décembre 2025. Les progrès sont qualifiés de « limités, inégaux et en perte de dynamique », indiquant un ralentissement préoccupant du processus seulement quelques mois après son lancement.

Malgré ce tableau sombre, le rapport relève certaines avancées sur le plan institutionnel et diplomatique. Parmi elles, la réunion de haut niveau de Lomé, tenue les 16 et 17 janvier 2026, a porté sur la cohérence et la consolidation des processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Cette rencontre a abouti à l’adoption d’une nouvelle architecture de médiation de l’Union africaine (UA).

Dans cette même dynamique, une tournée régionale du Médiateur de l’UA et du Panel des facilitateurs, entamée fin janvier 2026, vise à opérationnaliser cette architecture. Le rapport mentionne également la réunion extraordinaire de la CIRGL à Livingstone, du 8 au 10 janvier 2026, qui a réuni des experts de la défense pour évaluer la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est congolais et envisager des réponses régionales.


Les consultations élargies menées par le président angolais João Lourenço avec des acteurs politiques, armés et religieux congolais visent à relancer un dialogue politique inclusif. Sur le plan international, les auditions de la Commission des affaires étrangères du Congrès américain, le 22 janvier 2026, ont permis d’évaluer l’état du processus de paix RDC–Rwanda.
Sur le plan militaire, le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira est cité comme un signal positif. Toutefois, le rapport estime que cette mesure reste insuffisante pour infléchir durablement la dynamique sécuritaire dans l’Est de la RDC.


Face à des avancées jugées modestes, le rapport formule plusieurs recommandations, certaines déjà évoquées lors d’évaluations précédentes :
États-Unis : maintenir et renforcer la pression diplomatique sur Kinshasa et Kigali afin de garantir le respect des engagements, notamment concernant la neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives rwandaises. Une combinaison d’incitations diplomatiques et de sanctions ciblées pourrait être envisagée.

Gouvernement congolais : accélérer les opérations coordonnées de neutralisation des FDLR, avec l’implication officielle de la MONUSCO, même dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Fournir des garanties claires que les FDLR ne sont pas intégrées aux FARDC et promouvoir un dialogue politique inclusif.

Rwanda : mettre en œuvre rapidement le plan harmonisé de désengagement et lever les mesures défensives. Établir des garanties sécuritaires ou judiciaires crédibles pour faciliter le rapatriement volontaire des combattants FDLR et exercer des pressions sur l’AFC/M23 pour ne pas entraver les opérations de la MONUSCO.

Qatar, médiateur du processus de Doha : encourager la reprise des discussions actuellement au point mort et clarifier la complémentarité entre les processus de Washington et de Doha, sous la coordination de l’UA.

Enfin, le rapport insiste sur la nécessité de doter le Panel des facilitateurs et le Secrétariat conjoint indépendant d’un financement autonome, via un budget dédié de l’UA, afin d’assurer la viabilité et la cohérence de la nouvelle architecture de médiation.


Gloire MALUMBA.K

LA REDACTION

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

Articles similaires