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DIPLOMATIE

Accord de Washington : le basculement stratégique américain en Afrique centrale

L’Accord de Washington récemment signé dépasse le cadre d’une simple tentative de désescalade entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Il constitue un tournant majeur dans l’approche américaine en Afrique centrale, redéfinissant en profondeur les équilibres géopolitiques dans la région des Grands Lacs.

Félix Tshisekedi président de la RDC, avec son homologue américain, Donald Trump lors de la ratification des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali à Washington sous l'égide des États-Unis d'Amérique, le 04 décembre 2025.
Félix Tshisekedi président de la RDC, avec son homologue américain, Donald Trump lors de la ratification des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali à Washington sous l'égide des États-Unis d'Amérique, le 04 décembre 2025.


Pendant près de deux décennies, le Rwanda a bénéficié d’une tolérance stratégique de la part de Washington, perçu comme un partenaire fiable, rationnel et stabilisateur. Cette période semble désormais close. Selon plusieurs analyses relayées à Washington, l’objectif américain ne se limite plus à la lutte contre les groupes armés, mais vise surtout à empêcher la régionalisation des conflits, jugée incompatible avec les intérêts stratégiques des États-Unis.

Dans ce nouveau cadre, la RDC s’impose comme un acteur central. L’Accord de Washington agit comme un levier diplomatique en faveur de Kinshasa, renforçant sa légitimité internationale tout en réduisant les marges de manœuvre de Kigali. Cette inflexion stratégique consacre la démarche du président Félix Tshisekedi, comme le souligne une récente analyse publiée par Revueconflit.com.

Face à ce basculement, la réaction du Rwanda apparaît hésitante, oscillant entre discours triomphalistes et escalades militaires indirectes. Une posture qui traduit les difficultés de Kigali à s’adapter à un nouvel équilibre régional où il ne détient plus l’initiative.

De son côté, Félix Tshisekedi adopte une ligne de souveraineté classique, fondée sur le droit international et le multilatéralisme. Sa stratégie repose sur la documentation des faits, la production de preuves et le recours aux instances internationales. Dans son discours à la Nation du 8 décembre, il a qualifié la situation de « guerre d’agression par procuration », repositionnant le conflit congolais comme une question de responsabilité internationale.

Cette approche commence à porter ses fruits. Le Conseil de sécurité des Nations unies a explicitement condamné l’agression rwandaise, tandis que l’Union africaine a exigé le retrait de toute force étrangère non autorisée du territoire congolais. Le chef de l’État congolais s’est félicité de cette évolution, affirmant que « la voix de la République démocratique du Congo compte à nouveau dans le concert des nations ».

Au-delà d’un simple ajustement diplomatique, l’Accord de Washington redéfinit ainsi le centre de gravité géopolitique de l’Afrique centrale. Les États-Unis s’érigent en arbitres des relations entre Kinshasa et Kigali, tandis que la RDC s’impose désormais comme le pivot des dynamiques régionales. Dans ce nouvel ordre, le Rwanda ne dicte plus le tempo, marquant une victoire politique durable pour Félix Tshisekedi et l’ouverture d’une nouvelle ère dans les relations régionales.


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