Signé le 27 juin au Département d’État à Washington, l’accord de paix a été paraphé par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État en charge des affaires étrangères de la RDC, et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe. La cérémonie s’est tenue en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio et sous la supervision du président Trump, qui a salué un « triomphe pour la paix dans la région des Grands Lacs », insistant sur l’importance stratégique et économique de la stabilité de cette zone.
Le texte prévoit notamment un cessez-le-feu immédiat, le retrait des troupes rwandaises de l’est de la RDC dans un délai de 90 jours, la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que la mise en place d’un mécanisme conjoint de suivi. Un volet économique accompagne l’accord, avec pour ambition de relancer l’intégration régionale et de favoriser des projets transfrontaliers, soutenus par des capitaux américains.
En parallèle, un autre document a été signé à Doha (Qatar) entre Kinshasa et le mouvement rebelle du M23, accusé par les autorités congolaises d’être appuyé par Kigali. Cette Déclaration de principes engage le M23 à observer un cessez-le-feu durable, à se retirer des zones occupées, à garantir l’accès humanitaire et à procéder à son désarmement sous supervision internationale. Un accord final plus détaillé est attendu d’ici le 18 août, également à Doha.
La visite à venir des présidents Tshisekedi et Kagame vise à donner une impulsion politique supplémentaire à ces engagements, par une validation au plus haut niveau. Un plan d’action conjoint devrait être signé à cette occasion, définissant les modalités concrètes de mise en œuvre : sécurisation des frontières, retour des déplacés internes, relance de la coopération bilatérale.
Mais si cette dynamique suscite l’espoir, plusieurs voix appellent à la prudence. Les précédents accords de Nairobi et d’Addis-Abeba n’ont pas permis de mettre fin durablement aux conflits dans la région. Pour nombre d’analystes, la réussite du processus dépendra de la sincérité des engagements pris, du soutien de la communauté internationale, mais surtout de l’effectivité du désarmement du M23 et du retrait des troupes rwandaises.
Si ces conditions sont réunies, ce processus pourrait marquer un tournant historique dans les relations entre Kinshasa et Kigali, et offrir une perspective de paix à des millions de civils affectés depuis des décennies par les violences dans l’Est du Congo.
La communauté internationale observe désormais avec attention la prochaine rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Washington, prévue dans les semaines à venir.
Gloire MALUMBA.K

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