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DIPLOMATIE

Accord de paix RDC–Rwanda : une mise en œuvre au point mort malgré quelques avancées diplomatiques

Depuis sa signature à Washington, l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda peine à produire des effets concrets. Selon un rapport d’experts indépendants, les avancées restent essentiellement diplomatiques, tandis que la situation sécuritaire demeure préoccupante, notamment dans l’Est congolais.

Lors de la signature de l'accord de paix entre la RDC et le Rwanda sous l'égide des États-Unis d'Amérique le 27 juin 2025.
Lors de la signature de l'accord de paix entre la RDC et le Rwanda sous l'égide des États-Unis d'Amérique le 27 juin 2025.


Six mois après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, le 27 juin 2025, le processus de mise en œuvre demeure largement enlisé. Dans son rapport couvrant la période du 1er au 31 décembre 2025, le Baromètre des Accords de Paix en Afrique dresse un constat préoccupant : le taux global d’exécution reste figé à 23,3 %, identique à celui enregistré en novembre, traduisant une stagnation persistante.

Selon ce groupe d’experts indépendants, les progrès observés à ce stade relèvent davantage du registre diplomatique que d’une amélioration concrète de la situation sécuritaire. Parmi les rares avancées figurent l’entérinement politique de l’accord par les présidents congolais et rwandais, la conclusion de nouveaux accords bilatéraux à caractère économique et sécuritaire, ainsi que l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2808 (2025), renforçant le mandat de la MONUSCO.

Ces signaux positifs contrastent toutefois fortement avec la réalité sur le terrain, en particulier dans l’Est de la RDC. Le rapport souligne la poursuite des hostilités, le retard dans la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le non-respect de plusieurs engagements sécuritaires majeurs, notamment la levée des mesures défensives rwandaises.

Face à cette impasse, le Baromètre formule une série de recommandations. Il exhorte notamment le gouvernement congolais à accélérer les opérations contre les FDLR, y compris avec un appui officiel de la MONUSCO, et à fournir des garanties claires attestant qu’aucun élément de ce groupe armé n’est intégré aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Le Rwanda est, pour sa part, invité à mettre en œuvre sans délai son plan de désengagement, à offrir des garanties sécuritaires crédibles aux combattants des FDLR afin de faciliter leur rapatriement, et à encourager l’AFC/M23 à ne pas entraver les opérations internationales en cours.

Les facilitateurs du processus — les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine — sont également appelés à renforcer la coordination entre les cadres de Washington et de Doha, tout en consolidant les capacités financières et logistiques de la MONUSCO. Le rapport met enfin en garde contre un risque réel d’enlisement de l’Accord de paix de Washington si des mesures urgentes ne sont pas prises pour traduire les engagements politiques en actions effectives sur le terrain.

Lors de la ratification de l’accord, le 4 décembre 2025, le président congolais Félix Tshisekedi avait déjà appelé Kigali à respecter « la lettre et l’esprit » des engagements souscrits. La cérémonie, présidée par le président américain Donald Trump, s’était tenue en présence de son homologue rwandais Paul Kagame, marquant une étape diplomatique majeure pour la région des Grands Lacs.

Dans une allocution ferme, le chef de l’État congolais avait réaffirmé la détermination de Kinshasa à honorer ses obligations. « La RDC prend l’engagement solennel de mettre en œuvre toutes les obligations qui découlent de cet accord. Nous le ferons avec sérieux et rigueur, dans le souci constant de la paix et de l’intégrité de notre territoire », avait-il déclaré.

Félix Tshisekedi avait toutefois souligné que l’efficacité du texte dépendrait largement de l’attitude du Rwanda, appelant ce dernier à faire preuve du « même sérieux » dans le respect des engagements pris. Pour le président congolais, la réussite du processus repose sur une coopération sincère, fondée sur le respect mutuel, la non-intervention et la lutte conjointe contre les groupes armés.

Présenté comme une tentative de rupture avec des décennies de tensions, l’accord reste ainsi suspendu à des actes concrets. « Nous voulons croire à l’optimisme, car il s’agit de paix et de prospérité pour nos populations », avait conclu Félix Tshisekedi, qualifiant cet engagement d’« irréversible » tout en reconnaissant que le chemin vers une paix durable demeure incertain.


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