L’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo a été reconnu coupable de détournement de fonds publics et condamné à dix ans de travaux forcés.
Ses co-accusés, Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, et Christo Stéphanus Grobler, patron sud-africain de la société Africom, écopent chacun de cinq ans de travaux forcés. La Cour a souligné que sur les 279 millions de dollars américains décaissés pour ce projet d’envergure, seulement 34 millions ont été réellement investis, le reste ayant été détourné ou mal géré.
En plus des peines privatives de liberté, la Cour a ordonné la confiscation des biens des condamnés, proportionnellement aux sommes détournées. Cette décision vise à réparer le préjudice causé à la République, selon le juge président Dieudonné Kamuleta.
Matata Ponyo se voit également privé du droit de vote pour cinq ans et ne pourra solliciter la liberté conditionnelle qu’après avoir purgé cette période. Poursuivi depuis 2021, il a toujours nié les accusations, dénonçant une manipulation politique. Il a refusé de comparaître lors des dernières audiences, s’appuyant sur une prétendue immunité parlementaire, une défense rejetée par la Cour.
Le projet Bukanga-Lonzo, initié sous le régime de Joseph Kabila, visait à moderniser l’agriculture congolaise et à favoriser l’autosuffisance alimentaire. Cependant, il s’est rapidement transformé en fiasco, alimentant les accusations de mauvaise gestion et de détournement massif de fonds.
Cette décision de la Cour constitutionnelle marque un tournant dans la lutte contre la corruption en RDC, soulignant l'importance de la reddition de comptes et de la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Samuel Nakweti

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