Le procès portait sur l’utilisation de sommes importantes allouées à ce parc agro-industriel à l’époque où Matata Ponyo était Premier ministre, sous le régime de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila. Selon le procureur général, plus de 285 millions de dollars auraient été détournés. Les enquêtes financières ont révélé que 83 % des fonds destinés au projet Bukanga-Lonzo ont été transférés en Afrique du Sud à la société AFRICOM et à d’autres entités, sans appel d’offres.
AFRICOM, une société holding ne gérant que des filiales, n’avait que trois ans d’existence au moment de la signature du contrat et ne disposait d’aucune expertise dans le domaine, selon l’Inspection générale des finances (IGF). D’autres sociétés fictives auraient également perçu d’importantes sommes sans contrepartie.
Interrogés sur la responsabilité directe de Matata Ponyo, les inspecteurs des finances ont expliqué : « Tout était piloté par le Premier ministre. Toutes les dépenses étaient effectuées avec son autorisation, l’ancien ministre des Finances n’étant qu’un ministre délégué près de lui. »
Le procureur avait cependant, confirmé que la conception et la mise en œuvre du projet Bukanga-Lonzo étaient l’œuvre exclusive de l’ancien Premier ministre. Sur l’ensemble des fonds publics engagés, seuls 34 millions de dollars ont été effectivement affectés au projet.
Dans son réquisitoire final du 23 avril 2025, le procureur avait demandé 10 ans de travaux forcés et de servitude pénale pour Matata Ponyo, président du parti LGD, et ses co-prévenus, ainsi que la confiscation de ses biens à hauteur de la somme détournée, soit environ 240 millions de dollars.
Séance tenante, l’arrestation immédiate de l’ancien Premier ministre a été ordonnée, assortie de 10 ans d’inéligibilité. Une peine de 5 ans d’inéligibilité a été requise contre l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogratias Mutombo, tandis que l’homme d’affaires sud-africain Christo Grobler Stephanus a été expulsé définitivement du territoire national.
En réponse aux démarches de Matata Ponyo, le président de la Cour, Dieudonné Kamuleta, a rappelé la séparation des pouvoirs : « Il n'existe aucune disposition légale permettant à l’Assemblée nationale d’injonction à la Cour constitutionnelle, et aucun acte officiel de l’Assemblée ne fait obstacle à la procédure judiciaire en cours. Les députés peuvent s’exprimer, mais l’institution Assemblée nationale n’a pris aucune décision. »
Gloire MALUMBA.K

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