Les faits remontent à jeudi 26 mars et ont conduit à l’ouverture d’une procédure qualifiée de rigoureuse. Le praticien est poursuivi pour tentative de meurtre, torture, coups et blessures aggravés, ainsi qu’atteinte à la vie privée des charges qui traduisent la gravité des actes allégués.
À la barre, le médecin a présenté sa version des faits, évoquant une situation d’urgence médicale. Il affirme que le refus de collaboration de la patiente lors de l’accouchement mettait sa vie en danger. Selon lui, il aurait adopté une attitude volontairement brutale afin de provoquer un choc psychologique et obtenir sa coopération.
« Une femme ne peut pas mourir en donnant la vie », a-t-il déclaré. Il précise que l’enfant était déjà né, mais que la patiente devait subir des sutures après une épisiotomie. Face à son refus, il soutient avoir agi par nécessité médicale, après avoir tenté de l’informer des risques et du caractère non dangereux de l’intervention.
Cette ligne de défense, qui fait primer l’urgence médicale sur le consentement immédiat, soulève néanmoins de vives interrogations sur les pratiques médicales et le respect des droits des patientes.
Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière un phénomène plus large. Lors d’un point de presse à Kinshasa, Dorcas Bwalelo, présidente du caucus des jeunes du Réseau des femmes leaders africaines (AWLN), a dénoncé l’ampleur des violences gynécologiques et obstétricales. Elle évoque des actes pratiqués sans consentement, des propos humiliants, ainsi que des gestes brutaux ou des négligences souvent passés sous silence.
S’appuyant sur des données de l’Organisation mondiale de la santé selon lesquelles une femme sur quatre subit des maltraitances lors de l’accouchement dans le monde, elle appelle à une réponse législative urgente. « Garantir un accouchement digne, respectueux et sécurisé n’est pas un privilège, mais un droit fondamental », a-t-elle insisté.
Le caucus plaide pour l’intégration explicite des violences obstétricales dans le droit congolais, afin de mieux protéger les femmes et de lutter contre l’impunité dans les structures de santé.
Sur le plan politique, la Première ministre Judith Suminwa a réagi dès jeudi sur les réseaux sociaux, qualifiant les faits de « profondément choquants et totalement inacceptables ». Elle a assuré qu’une enquête est en cours et a exprimé la volonté du gouvernement de faire de cette affaire un cas emblématique dans la lutte contre les abus dans le secteur de la santé.
MKG

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