Dans un communiqué publié ce lundi 2 novembre 2026, le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, a indiqué que Donald Trump avait pris cette position à l’issue de l'examen annuel du dispositif. « Le président Trump a estimé que les gouvernements du Rwanda et de l’Afrique du Sud ont pris part à des pratiques qui ne respectent pas les critères d’éligibilité à l’Agoa », a-t-il déclaré.
Renouvelé en septembre dernier par le Congrès américain, l’Agoa constitue l’un des principaux instruments de coopération commerciale entre les États-Unis et l’Afrique. Il permet à une trentaine de pays africains, sur une cinquantaine, d’exporter vers le marché américain une large gamme de produits en franchise de droits de douane, notamment des vêtements, des produits agricoles et des véhicules.
L’Afrique du Sud figure parmi les principaux bénéficiaires de ce dispositif. Mais Pretoria est depuis plusieurs mois dans le viseur de l’administration américaine, qui lui reproche notamment une prétendue persécution des Afrikaners, descendants des colons blancs européens. Washington évoque également des restrictions imposées au commerce et aux investissements américains, un niveau de corruption jugé préoccupant ainsi que des menaces présumées contre la sécurité nationale et les intérêts de politique étrangère des États-Unis.
Pretoria dénonce de nouvelles exigences américaines
La perspective d’une exclusion intervient alors que les discussions commerciales entre les deux pays restent tendues. L’Afrique du Sud a notamment regretté que Washington introduise de nouvelles questions dans les négociations, malgré les concessions supplémentaires proposées par Pretoria.
« Il est toutefois regrettable que les États-Unis soulèvent à présent de nouvelles questions qui n’ont pas servi de base aux discussions dans le cadre du processus de négociation entamé en 2025 », a déclaré le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau.
À l’égard du Rwanda, les griefs formulés par Washington portent davantage sur la gouvernance politique et la situation des droits humains. Le communiqué de l’USTR mentionne notamment des préoccupations liées à l’État de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et au respect des libertés fondamentales. L’administration américaine pointe également des obstacles tarifaires et des restrictions aux investissements.
Le dossier congolais en toile de fond des tensions avec Kigali
Cette annonce intervient dans un contexte de dégradation des relations entre Washington et Kigali. Ces derniers mois, les États-Unis ont multiplié les pressions sur le gouvernement rwandais, qu’ils accusent de continuer à soutenir financièrement et militairement le mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
La situation dans cette région constitue l'un des principaux dossiers diplomatiques de l’administration Trump en Afrique. Washington cherche à faire aboutir un accord de paix entre Kinshasa et Kigali afin de mettre un terme à un conflit qui s'étend sur plusieurs décennies et a provoqué des déplacements massifs de populations ainsi que des milliers de morts.
Début 2025, le M23, qui contrôlait déjà de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, s’est emparé des villes de Goma et de Bukavu à l’issue d’une offensive particulièrement meurtrière.
L’éventuelle exclusion du Rwanda de l’Agoa pourrait ainsi ajouter une nouvelle dimension économique aux tensions diplomatiques entre Washington et Kigali, alors que les États-Unis tentent parallèlement de peser sur l’évolution du conflit dans l’est congolais.
MKG

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