Dans sa notification, le gouvernement tchadien justifie ce retrait par ce qu'il qualifie de « justice sélective ». Selon N'Djamena, la CPI concentre de manière disproportionnée ses enquêtes sur le continent africain. Les autorités rappellent que, depuis sa création en 2002, la Cour a ouvert treize enquêtes, dont neuf concernent des pays africains, un déséquilibre qu'elles considèrent comme le signe d'une justice « à deux vitesses ».
Les relations entre le Tchad et la CPI étaient déjà tendues depuis plusieurs années. En 2011 et en 2013, la Cour avait reproché à N'Djamena de ne pas avoir procédé à l'arrestation de l'ancien président soudanais Omar Al-Bashir lors de ses visites sur le territoire tchadien, malgré le mandat d'arrêt émis contre lui.
En rejoignant le Burkina Faso, le Mali et le Niger dans leur retrait du Statut de Rome, le Tchad renforce un mouvement de contestation porté par plusieurs États du Sahel, qui estiment que la CPI est devenue un instrument de stigmatisation des pays du Sud.
Au-delà de cette décision, les autorités tchadiennes appellent l'Union africaine à accélérer la mise en place de mécanismes judiciaires propres au continent. Elles plaident notamment pour l'opérationnalisation du Protocole de Malabo, adopté en 2014, qui prévoit la création d'une Cour africaine de justice et des droits de l'homme dotée d'une compétence pénale.
Le gouvernement insiste toutefois sur le fait que ce retrait ne signifie pas un abandon de la lutte contre l'impunité. Il rappelle avoir intégré les dispositions du Statut de Rome dans son droit interne et affirme rester attaché au principe de justice internationale, à condition qu'elle soit appliquée de manière équitable à tous les États.
Gloire MALUMBA.K

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