Pour les autorités congolaises, ce rapprochement diplomatique et économique constitue un levier majeur pour sécuriser une filière aurifère longtemps fragilisée par l’insécurité et les circuits d’exportation informels. À Kinshasa, on estime qu’un renforcement de la coopération avec les Émirats arabes unis permettra une meilleure régulation du commerce de l’or, grâce à des mécanismes accrus de traçabilité et de contrôle.
Les Émirats arabes unis figurent parmi les principales destinations de l’or congolais, qu’il transite par des canaux officiels ou clandestins. En s’appuyant sur ce partenariat, la RDC espère freiner le commerce illicite des minerais, régulièrement pointé du doigt comme une source de financement des groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Cependant, cette initiative diplomatique intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Kinshasa accuse Kigali de faciliter la circulation illégale de minerais issus des zones de conflit, des accusations systématiquement rejetées par le Rwanda. Dans ce climat de défiance, la coopération avec Abou Dhabi apparaît comme une option stratégique pour la RDC, soucieuse de reprendre le contrôle de ses ressources naturelles tout en attirant des investisseurs étrangers.
Au-delà de l’or, les discussions entre les deux pays portent sur un partenariat économique élargi. La finalisation d’un accord de libre-échange est à l’étude, avec pour ambition de porter les exportations congolaises vers les Émirats arabes unis à plusieurs milliards de dollars d’ici 2030.
En misant sur Abou Dhabi, Kinshasa entend ainsi sécuriser un secteur vital pour son économie et affirmer sa volonté de mieux protéger et valoriser ses richesses naturelles, dans un environnement régional et international en pleine recomposition.
Augustin Ndjabu

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