Selon les premières informations recueillies sur place, plusieurs civils ont été tués et d'autres portés disparus. Au moins deux corps avaient déjà été retrouvés dans la matinée, tandis que les opérations de recherche se poursuivaient encore dans la zone afin d'établir le bilan exact de l'attaque. Des habitations ont également été incendiées par les assaillants.
Cette nouvelle incursion intervient moins de deux semaines après le massacre perpétré dans le quartier Ngadi, qui avait coûté la vie à plusieurs habitants. La répétition des attaques dans les quartiers périphériques de Beni alimente davantage le sentiment d'insécurité au sein de la population.
De nombreux habitants dénoncent ce qu'ils considèrent comme l'incapacité des autorités à assurer leur protection face à la menace persistante des groupes armés.
« Trop c'est trop. Encore une attaque en pleine ville. Nous n'avons pas des autorités capables d'assurer notre sécurité. Comment des bandits peuvent-ils opérer à 3 ou 4 heures du matin sans intervention des services de sécurité ? », s'est indigné un habitant rencontré sur les lieux.
L'attaque a également provoqué des mouvements de protestation dans plusieurs quartiers de la ville. Des conducteurs de motos-taxis ont tenté d'organiser une procession avec la dépouille de l'une des victimes pour dénoncer la recrudescence des massacres.
Selon plusieurs témoins, la police a dispersé la manifestation à l'aide de tirs de sommation. Ces détonations ont contribué à accentuer la tension dans la ville, où les activités socio-économiques ont fortement tourné au ralenti tout au long de la journée.
Dans plusieurs secteurs de Beni, boutiques, commerces et marchés sont restés fermés ou n'ont ouvert que timidement. Les habitants redoutent de nouvelles attaques alors que les informations sur le nombre de victimes et de disparus continuent d'évoluer.
« Nous ne travaillons pas encore. Tout le monde a peur. Les informations qui circulent dans la ville créent une grande inquiétude. Cette situation affecte même nos activités économiques », témoigne un opérateur économique rencontré au centre commercial de Matonge.
Cette nouvelle attaque relance une fois de plus le débat sur l'efficacité des dispositifs sécuritaires déployés dans la région de Beni. Malgré les offensives menées depuis plusieurs années par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs partenaires contre les ADF, les habitants constatent la persistance des violences.
Pour de nombreux observateurs locaux, la multiplication des attaques dans les zones urbaines et périurbaines traduit une détérioration de la situation sécuritaire et renforce la méfiance d'une partie de la population envers les autorités chargées de la protection des civils.
Gloire MALUMBA.K

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