Alors que la population tente encore de se remettre des récentes attaques survenues à Ngadi et à Munzambay, ces messages circulant massivement sur les réseaux sociaux ravivent les craintes dans plusieurs quartiers de la ville.
Selon des sources locales, les documents en question, présentés sous forme manuscrite et dépourvus de toute structure formelle, contiendraient des menaces visant certaines communautés. Leurs auteurs présumés y revendiqueraient la poursuite d’une campagne d’« islamisation forcée » dans une zone qu’ils considèrent comme relevant de leur sphère d’influence en Afrique centrale.
Parmi les quartiers explicitement mentionnés figurent Rwangoma et Butanuka, où des habitants affirment avoir pris connaissance de messages évoquant de futures attaques contre les populations refusant de se convertir.
Si l’authenticité de ces tracts n’a pas été confirmée par les autorités, leur diffusion intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la recrudescence d’attaques meurtrières dans la périphérie de Beni.
Face à cette situation, la peur gagne du terrain. Plusieurs familles disent avoir modifié leurs habitudes quotidiennes, certaines quittant leurs domiciles à la tombée de la nuit pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres.
« Je quitte la maison chaque soir avec les enfants pour nous protéger. Quand ces tracts circulent, on sait qu’un danger peut suivre », témoigne Laurent, habitant de la ville.
Des habitants et observateurs locaux rappellent que les récentes attaques attribuées aux ADF à Ngadi et Munzambay ont démontré la capacité du groupe à frapper jusque dans les zones périphériques urbaines, alimentant davantage la psychose.
Certains analystes établissent par ailleurs un parallèle avec des épisodes antérieurs, notamment en 2014, lorsque des messages similaires avaient précédé une série de violences contre les civils, contribuant à installer un climat durable de peur.
Avant cette nouvelle vague d’inquiétude, d’autres menaces avaient déjà circulé dans la vallée du Rwenzori jusqu’à Kasindi, renforçant le sentiment d’insécurité au sein des communautés locales.
Au-delà de la dimension strictement sécuritaire, cette situation met en lumière l’impact psychologique profond du conflit sur les populations civiles. Même en l’absence d’attaques immédiates, la simple diffusion de rumeurs ou de tracts suffit à provoquer des déplacements temporaires, perturber les activités économiques et accentuer la méfiance sociale.
Dans une ville encore marquée par des années de violences, chaque alerte, réelle ou supposée, continue ainsi d’alimenter un sentiment d’insécurité devenu structurel.
Rédaction

Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!