Cet appel intervient dans un climat de colère croissante. La poursuite des massacres de civils dans la région nourrit un sentiment d’abandon au sein de la population et renforce l’exigence d’une réaction collective.
Mais la stratégie divise. Si des organisations comme la LUCHA ou Filimbi défendent un moyen de pression légitime, une partie des habitants redoute ses effets pervers. Dans ces zones où l’économie repose largement sur le commerce informel, les petits marchés et le transport local, un arrêt total des activités pourrait accentuer la précarité.
La suspension de la circulation, des services administratifs et des activités commerciales risque d’avoir des conséquences immédiates : pertes de revenus pour les commerçants et les journaliers, difficultés d’approvisionnement en produits de base, et perturbation des services essentiels.
Pour de nombreuses familles vivant au jour le jour, trois jours sans activité représentent un manque à gagner critique, difficilement rattrapable. Cette réalité alimente les craintes d’un effet boomerang de la mobilisation.
Malgré ces réserves, les organisateurs entendent inscrire leur action dans la durée. Une campagne de sensibilisation de 30 jours est également annoncée, signe d’une volonté de maintenir la pression au-delà de ces trois journées.
À Butembo et dans les zones environnantes, la répétition de ces appels à la « ville morte » traduit une fatigue sociale profonde. Entre insécurité persistante et coût économique des actions de protestation, la population se retrouve une nouvelle fois face à un dilemme difficile.
MKG

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