Dans une déclaration au vitriol, l’opposant dénonce ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle dangereuse :
« La Constitution n'est pas un costume de Félix Tshisekedi qu'il enverrait à la retouche pour l'adapter à sa taille. Elle ne l'autorise pas à contracter des engagements compromettants aux intérêts vitaux du peuple congolais. L'accord n'est pas au-dessus de la loi et ne peut pas imposer sa modification. »
Cette sortie fracassante intervient dans un climat politique déjà tendu autour des spéculations sur d’éventuels arrangements politiques, institutionnels ou diplomatiques susceptibles de redéfinir l’équilibre du pouvoir en République démocratique du Congo.
Une accusation explosive
Pour Claudel Lubaya, le chef de l’État chercherait à instrumentaliser les institutions afin de consolider son pouvoir. Le choix des mots n’est pas anodin : comparer la Constitution à un « costume » traduit, selon plusieurs observateurs, l’idée d’un texte fondamental manipulé au gré des ambitions présidentielles.
Cette déclaration ravive un vieux traumatisme politique en RDC : la crainte d’une révision constitutionnelle taillée sur mesure pour prolonger ou renforcer le pouvoir en place. Un sujet historiquement explosif dans plusieurs pays africains.
Dans les rangs de l’opposition, certains voient déjà dans cette sortie un avertissement direct contre toute tentative de modification constitutionnelle liée à des accords politiques ou sécuritaires conclus en coulisses.
Le spectre d’un “deal” opaque
Sans citer explicitement la nature de « l’accord » évoqué, Lubaya laisse entendre que des engagements auraient été pris en dehors du cadre légal et au détriment des intérêts stratégiques du pays.
Une insinuation grave qui nourrit les soupçons autour d’éventuelles tractations impliquant des partenaires étrangers, des arrangements régionaux ou des compromis politiques internes.
Pour les proches du pouvoir, ces accusations relèveraient davantage de la rhétorique politique que de faits établis. Mais dans une opinion publique déjà méfiante envers la classe dirigeante, les propos de Lubaya trouvent un écho particulier.
Une opposition qui reprend la parole depuis l’exil
Exilé mais toujours actif politiquement, Claudel Lubaya tente visiblement de repositionner son discours au cœur du débat national. Sa stratégie semble claire : apparaître comme l’un des défenseurs les plus virulents de l’ordre constitutionnel face au régime de Tshisekedi.
Cette communication offensive pourrait aussi annoncer une radicalisation du discours de l’opposition à l’approche des prochaines grandes échéances politiques.
Dans un pays marqué par des crises institutionnelles à répétition, le moindre débat sur la Constitution agit comme une étincelle sur un baril de poudre. Et avec cette déclaration incendiaire, Claudel Lubaya vient peut-être d’ouvrir un nouveau front politique contre le pouvoir de Kinshasa.
Sam de campus

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