Dans plusieurs quartiers de la capitale congolaise, l'activité économique tournait au ralenti dès les premières heures de la matinée : le Grand Marché est resté fermé, de nombreux commerces ont gardé leurs rideaux baissés et les transports en commun circulaient en nombre réduit.
Cette mobilisation intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par l'adoption récente à l'Assemblée nationale de la loi sur le référendum constitutionnel. Présentée par la majorité comme une réforme à caractère technique, celle-ci est dénoncée par l'opposition, qui y voit une tentative de modification de l'équilibre institutionnel et un prélude à une révision de la Constitution.
Au cœur des critiques figure la question de l'avenir politique du président Félix Tshisekedi. Les principaux partis d'opposition soupçonnent le pouvoir de vouloir ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l'État, dont le second mandat s'achève en 2028, de se représenter au-delà des limites actuellement fixées par la Constitution.
Des accusations rejetées par les partisans du pouvoir, qui assurent que le projet ne vise aucunement à modifier les dispositions relatives à la durée ou au nombre de mandats présidentiels.
Le débat autour de cette réforme a néanmoins ravivé les clivages au sein de la classe politique congolaise. Depuis plusieurs semaines, les échanges se sont durcis entre majorité et opposition, alimentant un climat de méfiance et de crispation à l'approche d'échéances politiques jugées déterminantes.
À la veille de cette journée de mobilisation, les autorités avaient multiplié les avertissements. Dans un communiqué publié mardi soir, le Commissariat provincial de la Police nationale congolaise (PNC) a mis en garde contre toute tentative de trouble à l'ordre public.
« La Police nationale congolaise tient à rappeler que toute personne qui tenterait de troubler l'ordre public ce mercredi 3 juin 2026, d'intimider la population ou d'empêcher les citoyens de mener librement leurs activités sera interpellée et devra répondre de ses actes devant les autorités compétentes », indique le communiqué, citant le commissaire divisionnaire Israël Kantu, commandant de la ville de Kinshasa.
Au-delà du niveau de participation observé dans les rues de la capitale, cette journée apparaît comme un test politique pour les différents acteurs en présence. Elle constitue également un indicateur du degré de mobilisation de l'opposition face à un projet qui continue de polariser le débat public et d'exacerber les tensions entre le pouvoir et ses adversaires.
Rédaction

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