Selon les experts de l’ONU, les VDP/Wazalendo constituent une force supplétive essentielle pour les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Leur engagement sur plusieurs lignes de front dans le Nord-Kivu, notamment à Masisi, Rutshuru, Nyiragongo et Walikale, s’avère crucial pour contrer les avancées d’armées rebelles telles que l’Armée de libération du Congo (AFC/M23) et les FDLR.
En parallèle, des incursions et embuscades sont régulièrement orchestrées pour récupérer des zones stratégiques et perturber les lignes de ravitaillement ennemies. Toutefois, cette alliance avec les FDLR suscite d’importantes inquiétudes. Bien que le gouvernement déclare vouloir désarmer ce groupe, sa poursuite de collaborations soulève des questions sur la cohérence des stratégies militaires mises en œuvre.
À Kinshasa, le 30 septembre 2025, des dirigeants des VDP/Wazalendo ont rencontré des autorités gouvernementales afin de redéfinir les stratégies de contre-offensive. Le gouvernement congolais a engagé un soutien financier de 300 000 dollars par mois en faveur des VDP/Wazalendo, tout en facilitant des rotations régulières d’hélicoptères pour livrer du matériel, armes et munitions, aux lignes de front.
Le rapport des experts souligne également le renforcement de l'interdépendance opérationnelle entre les FARDC et les VDP/Wazalendo, avec des opérations terrestres conjointes devenant de plus en plus fréquentes. Cette dynamique soulève des questions sur la clarté des structures de commandement, selon les experts de l’ONU.
Le 10 octobre 2025, les FARDC ont lancé un appel aux FDLR pour se désarmer, avertissant que le non-respect de cette directive entraînerait un désarmement forcé. Cette annonce a engendré des tensions tant entre les FARDC et les FDLR qu’entre les FARDC et certaines factions des VDP, rendant nécessaires des efforts de réconciliation de la part des officiers militaires.
Le rôle des sociétés militaires privées
Le groupe d'experts des Nations unies a également observé une mutation de la présence des sociétés militaires privées en RDC. Suite à la prise de Goma par l’AFC/M23 en janvier 2025, la société Congo Protection a suspendu ses opérations. Le contrat de Congo Aviation, engagé dans des missions similaires, a été récemment résilié, obligeant le gouvernement à recruter directement des pilotes de drones.
Le rapport indique que la ville de Kisangani est devenue un centre stratégique pour les opérations des FARDC, assurant une logistique avancée et accueillant des sociétés militaires privées étrangères, notamment d'Amérique du Sud.
La situation militaire en République démocratique du Congo demeure fragile et complexe. Le recours aux supplétifs ainsi que la collaboration avec des groupes controversés comme les FDLR suscite d'importants dilemmes moraux et stratégiques pour les experts de l'ONU. Alors que les autorités congolaises intensifient leurs efforts pour sécuriser leur territoire, de nombreux défis subsistent, et la stabilité régionale reste tributaire de solutions durables et inclusives.
Junior Nzumi

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