Cette inflexion a été actée mercredi 15 avril, lors d’une rencontre qui s’inscrit dans la continuité des travaux engagés en février à Luanda. Les principaux bailleurs internationaux — Banque mondiale, Banque européenne d’investissement (BEI), Banque africaine de développement (BAD), Africa Finance Corporation (AFC), Development Finance Corporation (DFC) et International Finance Corporation (IFC) — ont convergé vers une approche commune : dépasser la seule logique ferroviaire pour inscrire le corridor dans une dynamique de développement intégré.
Dès lors, le projet change d’échelle. Le Corridor de Lobito est désormais pensé comme une plateforme multisectorielle, articulant infrastructures de transport, logistique, énergie et structuration de chaînes de valeur industrielles. L’ambition affichée est d’accélérer la transformation économique des territoires concernés tout en renforçant leur connectivité régionale.
Pour Kinshasa, l’enjeu est à la fois stratégique et économique. Conduite par la Première ministre Judith Suminwa, la délégation congolaise a défendu une vision centrée sur l’intégration territoriale et la croissance inclusive. Il s’agit notamment de relier les principaux bassins économiques du pays à cette future dorsale logistique afin d’en maximiser les retombées au niveau national.
Dans cette perspective, la RDC a présenté une architecture reposant sur quatre piliers : un financement hybride associant capitaux publics et privés, une mise en œuvre progressive par phases, la création d’un cadre de gouvernance dédié, ainsi que des réformes destinées à améliorer le climat des affaires et à l’aligner sur les standards internationaux.
Les discussions ont également mis en avant la nécessité d’un engagement politique durable au plus haut niveau pour garantir la cohérence et la continuité du projet. Les autorités congolaises ont réaffirmé leur ambition de faire du Corridor de Lobito un instrument central de diversification économique et de réduction de la dépendance aux circuits traditionnels d’exportation.
Une prochaine étape est annoncée pour juin 2026 à Kinshasa. Elle devrait marquer l’entrée dans une phase opérationnelle, avec la validation des projets nationaux et le lancement attendu des appels d’offres internationaux.
Après plusieurs années de conception et de coordination, le Corridor de Lobito semble ainsi entrer dans une phase décisive. Reste désormais à transformer cette ambition en réalisations concrètes, dans un contexte régional marqué par de fortes attentes en matière de développement et d’intégration économique.
MKG

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