Selon le journaliste Daniel Michombero, les plages de Baraka se sont transformées en lieux d’attente et de détresse. Des familles entières y passent la nuit à la belle étoile, espérant traverser le lac Tanganyika pour se mettre à l’abri. Femmes, enfants et personnes âgées embarquent sur des pirogues de fortune, souvent sans gilets de sauvetage ni encadrement officiel, exposés aux risques de naufrage.
Pour ces déplacés, la traversée du lac s’apparente à une épreuve redoutable, mais perçue comme un passage obligé pour échapper aux violences attribuées à la rébellion soutenue par le Rwanda. Les départs se font dans la précipitation, sans réelle organisation, et l’assistance humanitaire reste largement insuffisante.
Les témoignages recueillis décrivent une population épuisée et profondément traumatisée. « Nous n’avons plus rien. Notre priorité est de sauver nos enfants. Nous avons vu ce que le M23 a fait à Kishishe, dans le territoire de Rutshuru, à Goma et à Kamagema, dans la ville de Bukavu », confie une mère rencontrée au bord du lac.
La chute d’Uvira a provoqué une onde de choc dans toute la région, alimentant la crainte d’une propagation des violences vers Fizi et les zones environnantes. Face à l’aggravation de la crise humanitaire, acteurs locaux et organisations humanitaires lancent un appel pressant pour sécuriser les traversées du lac Tanganyika et renforcer l’assistance aux déplacés, déjà exposés à de multiples dangers alors qu’ils fuient les combats.
Rédaction

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