Cette aide se décline en deux volets distincts : 10 millions de francs CFA destinés à l’effort de guerre et 10 millions consacrés au développement national. Selon des sources concordantes, le don a été réceptionné par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré.
Les fonds visent notamment à soutenir la reconquête du territoire national ainsi que les projets de construction souveraine portés par l’Agence Faso Mêbo.
Réagissant à cette initiative, le chef de la diplomatie burkinabè a salué une mobilisation qu’il considère comme un symbole fort d’unité nationale et d’engagement collectif. « Faso Mêbo aujourd’hui, ce n’est pas de la logistique, c’est un esprit : celui de nous mettre ensemble et de construire notre pays », a-t-il déclaré.
Le ministre a par ailleurs tenu à rassurer la diaspora quant à la gestion des fonds destinés au soutien de la paix. Il a indiqué que le Fonds de soutien patriotique avait déjà dépassé les 222 milliards de francs CFA au 31 décembre 2025.
Dans la même dynamique, les représentants burkinabè d’Espagne ont plaidé pour un renforcement de l’implication de la diaspora dans les projets d’investissement nationaux. En réponse, le gouvernement a annoncé la mise en place prochaine d’un guichet unique dédié à la diaspora. Ce dispositif vise à faciliter et sécuriser les transferts financiers ainsi que les initiatives économiques portées par les Burkinabè vivant à l’étranger.
Une situation sécuritaire toujours préoccupante
Depuis 2016, année marquée par les premières attaques de groupes djihadistes, le Burkina Faso fait face à une intensification des violences armées. En 2024, le pays a enregistré le plus grand nombre de pertes humaines liées au terrorisme.
Entre le second semestre 2024 et le premier semestre 2025, la situation s’est davantage dégradée. En janvier 2025, l’insécurité a atteint un niveau critique, caractérisé par un nombre record d’attaques et des opérations armées simultanées et quasi quotidiennes dans plusieurs régions, réduisant la capacité de riposte de l’État.
Entre septembre 2024 et septembre 2025, les groupes djihadistes ont fortement intensifié leurs activités, initiant des affrontements quatre fois plus souvent que les forces burkinabè. Parallèlement, les confrontations entre les deux principaux groupes djihadistes ont diminué depuis 2024, sans explication clairement établie.
Des accusations sur les violations des droits humains
Malgré l’engagement du personnel militaire et plusieurs réformes sécuritaires, les forces de défense et de sécurité continuent de subir d’importantes pertes et font face à de nombreuses difficultés opérationnelles.
Elles sont également accusées de violences contre des civils. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a notamment exprimé ses préoccupations face à des allégations d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, d’actes de torture, d’arrestations arbitraires et de détentions au secret.
Plusieurs sources évoquent par ailleurs une augmentation des violences attribuées aux forces étatiques contre les populations civiles. Selon ces analyses, le ciblage ne reposerait plus sur des critères ethniques, mais sur la localisation géographique, notamment dans les zones où des civils sont soupçonnés de collusion avec des groupes armés.
Gloire MALUMBA.K

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