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SANTÉ

Ebola en RDC : près de 490 tonnes de médicaments déployées en Ituri et au Nord-Kivu pour renforcer la riposte

Face à la progression de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, (RDC ), le gouvernement renforce les moyens de lutte sur le terrain. Quelque 340 tonnes de médicaments et d'intrants médicaux ont été acheminées depuis la semaine dernière, vers les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu grâce au projet HEPRR, financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par l'Unité de gestion du Projet de développement du système de santé (UG-PDSS).

Les  340 tonnes de médicaments et d'intrants médicaux .
Les 340 tonnes de médicaments et d'intrants médicaux .

Selon le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, cette cargaison vient compléter les 150 tonnes de matériels déjà déployées auparavant avec l'appui de l'UNICEF. Au total, près de 490 tonnes de produits destinés à la riposte ont été mobilisées depuis le début de l'opération.

Les premières livraisons ont déjà atteint trois zones de santé particulièrement touchées : Mungbwalu, Rwampara et Bunia, en Ituri. La distribution se poursuit dans les structures sanitaires ainsi qu'auprès des équipes engagées dans la surveillance, le traitement des malades et les interventions communautaires.



Cette assistance vise à renforcer la prise en charge des patients, à soutenir les centres de santé mobilisés contre l'épidémie et à améliorer les capacités opérationnelles des équipes déployées dans les foyers de contamination et les zones à risque.

Cette montée en puissance de la riposte intervient dans un contexte de forte pression sanitaire. Selon les dernières données des autorités sanitaires, au moins 101 personnes ont succombé à la maladie depuis la déclaration officielle de l'épidémie, le 15 mai dernier. Sur les 550 cas confirmés, 19 patients ont été déclarés guéris.

L'Ituri demeure l'épicentre de la flambée, concentrant plus de 90 % des infections recensées. Des cas ont également été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L'épidémie a par ailleurs franchi les frontières congolaises pour atteindre l'Ouganda voisin.

Les autorités sanitaires estiment toutefois que l'ampleur réelle de la crise pourrait être supérieure aux chiffres officiellement enregistrés. Le virus aurait circulé plusieurs semaines avant sa confirmation, retardant ainsi le déclenchement des mesures de riposte.

La lutte contre l'épidémie reste confrontée à de nombreux obstacles, notamment l'insécurité persistante dans certaines zones affectées, les attaques visant le personnel de santé et la méfiance d'une partie de la population à l'égard des équipes médicales. Ces facteurs compliquent les opérations de surveillance, de sensibilisation et de prise en charge.

Cette flambée est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante relativement rare pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n'est actuellement disponible. Contrairement à la souche Zaïre, à l'origine de la majorité des précédentes épidémies enregistrées en RDC, cette variante limite les options thérapeutiques à la disposition des autorités sanitaires.

À en croire les responsables de la riposte, l'augmentation rapide du nombre de cas observée ces dernières semaines s'explique également par le renforcement des capacités de diagnostic, qui a permis de traiter un volume important d'échantillons accumulés au cours des premières phases de l'épidémie.


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