Pour l’ancien parlementaire, le conflit armé ne doit pas se traduire par de nouvelles charges pour les familles déjà fragilisées par plusieurs années de guerre. « La guerre ne doit en aucun cas franchir les portes des salles de classe », estime-t-il, jugeant « inacceptable » que les parents des territoires affectés par le conflit soient contraints de payer pour scolariser leurs enfants.
Delly Sesanga rappelle que la gratuité de l’enseignement primaire public est consacrée par la Constitution congolaise. Elle ne saurait, selon lui, dépendre de l’autorité qui contrôle un territoire.
« La gratuité de l’enseignement primaire public n’est ni une faveur du Gouvernement ni un privilège que l’on peut accorder ou retirer selon celui qui contrôle un territoire », affirme-t-il, en référence à l’article 43 de la Constitution.
« Faire payer une nouvelle fois la guerre » aux populations
L’ancien élu national estime que les enfants vivant dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23 doivent bénéficier des mêmes droits que ceux des autres régions du pays. Il souligne que les populations de l’Est ont déjà payé un lourd tribut au conflit, entre pertes humaines, déplacements, destruction des activités économiques, appauvrissement des ménages et perturbation des services essentiels.
Dans ce contexte, l’instauration de frais scolaires représente, à ses yeux, une charge supplémentaire injustement imposée à des familles déjà éprouvées.
« On ne peut pas leur imposer maintenant de payer pour que leurs enfants puissent aller à l’école », dénonce-t-il.
Delly Sesanga conteste également le principe consistant à faire financer l’enseignement primaire par les parents alors que les enseignants concernés continuent d’être rémunérés par l’État. « Faire supporter aux parents le financement de l’enseignement primaire, alors que les enseignants concernés continuent d’être rémunérés par l’État, revient à faire payer une nouvelle fois la guerre à ceux qui en sont déjà les premières victimes », soutient-il.
Il demande ainsi au gouvernement de retirer immédiatement ces frais et de prendre, avec les différents partenaires du secteur éducatif, les mesures nécessaires pour assurer effectivement la gratuité de l’enseignement primaire public dans les zones concernées.
L’éducation ne doit pas être prise en otage
Au-delà de la question financière, l’ancien parlementaire met en garde contre les conséquences du conflit sur l’accès des enfants à l’éducation. Il refuse que les divisions politiques et militaires puissent déterminer les conditions de scolarisation des élèves.
« Nos différends politiques et la guerre ne doivent jamais prendre l’éducation de nos enfants en otage », insiste-t-il.
Delly Sesanga appelle, en conséquence, au maintien d’écoles ouvertes et accessibles à tous les enfants du primaire public, quelle que soit leur zone de résidence ou l’autorité qui en assure le contrôle. « L’école doit rester ouverte et gratuite pour tous les enfants du primaire public. Partout en République démocratique du Congo », martèle-t-il.
Cette prise de position intervient alors que la rentrée scolaire ravive les préoccupations sur l’accès à l’éducation dans les territoires de l’Est confrontés aux conséquences du conflit et aux bouleversements institutionnels qui en découlent.
MKG

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