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SÉCURITÉ

Est de la RDC : l'AFC/M23 envisage de rebaptiser les territoires sous son contrôle en « République fédérale du Congo », (ONU)

L'Alliance Fleuve Congo (AFC), coalition politico-militaire qui comprend la rébellion du M23, envisage de rebaptiser les territoires qu'elle contrôle dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) en « République fédérale du Congo ». Cette ambition politique a été révélée dans un rapport du Groupe d'experts des Nations unies, consulté ce samedi 4 juillet 2026, et marque une évolution significative des revendications du mouvement.

Les éléments de l'AFC-M23. ( Photo d'illustration).
Les éléments de l'AFC-M23. ( Photo d'illustration).

Selon ce document, l'AFC/M23 ne cherche plus à obtenir l'intégration de ses combattants au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), une revendication longtemps défendue lors des précédents cycles de négociations. Le mouvement propose désormais de constituer et de diriger sa propre force de défense dans l'hypothèse de la création de cette entité fédérale.

« Les dirigeants de l'AFC/M23 ont continué d'appeler de leurs vœux la création d'une "République fédérale du Congo" et sont revenus sur une précédente demande tendant à ce que les combattants du groupe soient intégrés dans les FARDC, proposant plutôt que l'AFC/M23 construise et dirige les nouvelles forces armées de l'État fédéral », indique le rapport.

Le Groupe d'experts précise que cette « République fédérale du Congo » désignerait les territoires de l'est de la RDC actuellement contrôlés par la rébellion, dans l'hypothèse où ils accéderaient à une forme d'autonomie politique. Le projet ne se limite pas à un changement d'appellation : il prévoit également que l'AFC/M23 exerce le monopole de la force armée sur ce territoire.

Pour étayer cette orientation politique, le mouvement développe un discours de plus en plus centré sur la protection des minorités. Selon le rapport, l'AFC/M23 invoque régulièrement la défense des communautés tutsi, banyamulenge et hema afin de justifier son intervention militaire et ses revendications institutionnelles.

« L'argument de la protection des Tutsi, des Banyamulenge et des Hema contre le nettoyage ethnique et le génocide a été utilisé de manière croissante dans les déclarations publiques visant à justifier l'intervention militaire et les exigences de l'AFC/M23 », relèvent les experts des Nations unies.

Dans cette rhétorique, l'offensive militaire menée par le mouvement et la création d'une entité politique autonome sont présentées comme les seuls moyens de prévenir un risque de nettoyage ethnique et de génocide dans la région, selon les conclusions du rapport.


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