Selon la présidence sud-africaine, citée par TV5Monde, ce retrait devrait être effectif avant la fin de l’année. Pretoria justifie cette décision par la volonté de « consolider et réajuster les ressources des forces de défense d’Afrique du Sud », après vingt-sept années d’engagement dans les opérations de maintien de la paix en RDC. D’après les Nations unies, ce retrait s’inscrit dans le processus global de réduction progressive des effectifs de la Monusco.
La même source rappelle que, l’année précédente, l’Afrique du Sud avait procédé à l’évacuation de plusieurs centaines de soldats engagés en RDC dans le cadre de la mission régionale SamiRDC, mise en place par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les effectifs exacts de cette force n’avaient toutefois jamais été rendus publics.
Début 2025, la SADC avait mis fin au mandat de la SamiRDC, notamment après son incapacité à contenir l’offensive du groupe armé antigouvernemental M23, actif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, et que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda.
L’Est de la RDC demeure marqué par une instabilité persistante après près de trois décennies de conflits. Depuis fin 2021, la résurgence du M23 a ravivé les tensions dans la région. Le groupe rebelle s’est notamment emparé de Goma en janvier 2025, avant de prendre le contrôle de Bukavu en février de la même année, deux villes stratégiques riches en ressources minières et situées à proximité de la frontière rwandaise.
En Afrique du Sud, les pressions en faveur d’un retrait militaire s’étaient accentuées après la mort de 14 soldats sud-africains en janvier 2025. La majorité appartenait à la force SamiRDC, tandis qu’au moins deux étaient engagés dans la Monusco.
Des efforts diplomatiques encore fragiles
Sur le terrain, les tensions restent vives. Le 4 février dernier, le M23 a revendiqué une attaque de drones contre l’aéroport stratégique de Kisangani, dans le nord-est du pays, à plusieurs centaines de kilomètres de ses zones habituelles d’opération.
Parallèlement, les Nations unies ont annoncé le déploiement prochain d’une mission dans l’est de la RDC afin de soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu « permanent ». Cette initiative fait suite à une réunion organisée à Doha, sous médiation qatarie, entre les représentants du M23 et ceux du gouvernement congolais.
Un engagement en faveur d’un cessez-le-feu avait déjà été signé en juillet entre les deux parties. Un autre accord avait également été conclu en décembre à Washington entre la RDC et le Rwanda.
Toutefois, ces démarches diplomatiques n’ont, jusqu’à présent, pas permis de mettre un terme aux affrontements. Malgré l’annonce du retrait de ses troupes, Pretoria assure qu’elle continuera de soutenir les « efforts multilatéraux » en faveur d’une paix durable en République démocratique du Congo (RDC).
MKG

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