D’après des sources locales, ces attaques ont fait au moins cinq morts et trois blessés. Elles ont également provoqué le déplacement de plus de 1 200 personnes, selon la société civile locale. En raison de cette insécurité persistante, plusieurs activités humanitaires, dont une campagne de vaccination des enfants, ont été temporairement suspendues.
Le rapport fait également état d’interventions des forces de sécurité congolaises sur des sites de déplacés. Le 7 décembre 2025, une opération menée sur le site de Kigonze s’est soldée par l’arrestation de 35 personnes déplacées. Cette intervention a entraîné des tensions et des affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants. Une opération similaire, conduite en novembre 2025, avait déjà conduit à l’arrestation de 43 déplacés, dont 24 étaient toujours en détention à la fin du mois de décembre. Au total, 59 personnes déplacées seraient détenues par les services de sécurité depuis novembre 2025, selon les mêmes sources.
Par ailleurs, le territoire de Djugu connaît, depuis le 2 décembre, une recrudescence des violences armées. Des affrontements persistants sont signalés dans les zones de santé de Fataki, Damas, Mangala, Bambu et Kilo. Ces violences ont lourdement affecté les civils, y compris les personnes déplacées. Selon les autorités locales, plus de 39 civils ont été tués depuis le début du mois, dont au moins 15 dans les aires de santé de Bule et Salama, situées dans la zone de santé de Fataki. Environ quarante blessés y ont également été recensés.
L’OCHA souligne que de nombreuses victimes peinent à accéder à des soins de santé adéquats, en raison des capacités limitées des structures sanitaires locales, aujourd’hui saturées. Dans l’aire de santé de Salama, un centre de santé accueille jusqu’à 100 patients par jour. L’intensification des combats a par ailleurs contraint plus de 100 000 personnes à fuir leurs foyers.
La majorité de ces déplacés se sont réfugiés sur le site de la plaine Savositué, dans la zone de santé de Fataki, ou dans des zones jugées relativement plus sûres, notamment Linga, Nizi et Rethy. Toutefois, la volatilité du contexte sécuritaire rend l’accès humanitaire extrêmement difficile, laissant de nombreuses familles sans assistance vitale. Les besoins les plus urgents concernent l’alimentation, les abris, les biens essentiels ainsi que l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement, selon des sources locales.
De manière générale, la situation humanitaire en Ituri reste marquée par une insécurité persistante, des déplacements massifs de populations et une crise aiguë dans les secteurs de la santé et de l’alimentation. Les attaques répétées des groupes armés ont déjà provoqué la fuite de milliers de personnes dans les territoires de Djugu et d’Irumu, aggravant les besoins humanitaires. À ces défis s’ajoutent des épidémies, notamment la rougeole et le Mpox, ainsi que les effets de catastrophes naturelles.
Comme dans le Grand Nord, l’Ituri demeure exposée aux attaques des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé d’origine ougandaise actif depuis près de trois décennies dans l’est de la RDC. Depuis 2019, les ADF ont prêté allégeance au groupe État islamique, qui les présente comme sa branche en Afrique centrale. Malgré les opérations militaires conjointes menées par les armées congolaise et ougandaise, la menace reste élevée.
Outre l’activisme des ADF, la province est également fragilisée par des tensions intercommunautaires persistantes. La pénurie de financements humanitaires au niveau international complique davantage la réponse sur le terrain. De nombreuses voix appellent le gouvernement à combler ce déficit, à restaurer la paix et à assumer pleinement sa responsabilité dans la prise en charge des déplacés, tout en renforçant la présence militaire afin de rétablir l’autorité de l’État et de favoriser le retour des populations dans leurs villages.
Augustin Ndjabu

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