Depuis trois jours, plus de quarante camions transportant des marchandises diverses sont immobilisés de part et d’autre de l’ouvrage. Leurs conducteurs refusent de s’engager sur le pont en raison d’une fissure jugée inquiétante. Selon des sources locales, une importante lézarde s’est formée sur la structure, faisant craindre un affaissement partiel, voire un effondrement, en cas de passage de véhicules de grand tonnage.
David Kambale, membre de la société civile de Banvokutu, confirme la gravité de la situation : « Une partie du pont présente une grande fissure qui ne permet pas aux conducteurs de traverser sans danger. Le risque est réel, surtout pour les gros porteurs », affirme-t-il.
La RN4 constitue l’un des principaux corridors économiques de la province de l’Ituri. Elle assure l’approvisionnement des centres urbains en produits alimentaires, matériaux de construction, carburant et autres biens de première nécessité, en provenance notamment de Kisangani et d’autres pôles commerciaux.
L’immobilisation prolongée des camions à Banvokutu pourrait provoquer des répercussions directes sur les marchés de Komanda, Mambasa et d’autres localités du territoire d’Irumu. Certains opérateurs économiques redoutent une flambée des prix liée à la rareté des produits.
« Si la situation persiste, les conséquences seront visibles dans les prochains jours. Le ravitaillement est perturbé et cela risque d’impacter fortement les ménages », prévient un commerçant contacté sur place.
Face à cette menace, la société civile locale appelle les autorités provinciales et nationales à diligenter une mission technique pour évaluer l’état réel de l’ouvrage et engager sans délai des travaux de réhabilitation.
Les usagers de la route plaident également pour la mise en place de mesures provisoires, notamment un renforcement d’urgence du pont et/ou l’aménagement d’une déviation sécurisée, afin de rétablir la circulation et éviter une paralysie prolongée de cet axe stratégique de l’Ituri.
En attendant une communication officielle, les camions en poids lourds restent stationnés à Banvokutu, illustrant la vulnérabilité des infrastructures routières dans cette partie de la province, où la moindre défaillance peut rapidement se transformer en crise économique locale.
ANL/Bunia

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