PRESSE ACTU est votre média de référence pour les actualités congolaises et internationales. Politique, économie, culture, sport et bien plus.

SOCIÉTÉ

Ituri : plus de 105 000 personnes déplacées abandonnées à leur sort après les violences à Bule

Dans un contexte marqué par la recrudescence des hostilités, des personnes déplacées à la suite des violences armées de décembre dernier vivent dans une extrême précarité à Bule, en territoire de Djugu (Ituri), sans aucune assistance humanitaire, tandis que l’insécurité persistante compromet tout retour rapide des populations.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.

La situation humanitaire reste extrêmement préoccupante à Bule, dans la chefferie des Bahema Badjere, territoire de Djugu, en province de l’Ituri. Au moins , 105 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers à la suite des combats armés survenus en décembre dernier et vivent aujourd’hui sans aucune assistance humanitaire.

Selon Meta Wani Michel, président de l’Union des Associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), ces chiffres ont été collectés lors d’une mission de terrain menée le week-end dernier avec l’appui logistique de la MONUSCO. La crise actuelle est la conséquence directe des violents affrontements ayant opposé la milice CRP aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Les combats ont débuté le 5 décembre 2025, à une vingtaine de kilomètres de Bule, avant de se rapprocher progressivement du centre de la localité. Face à l’insécurité persistante, des milliers de familles ont trouvé refuge autour des positions de la MONUSCO et de l’armée ougandaise (UPDF), perçues comme des zones relativement sûres, ou dans des sites improvisés de déplacés.
Sur place, le constat est alarmant. Environ la moitié des habitations et des commerces ont été saccagés et pillés. 

L’économie locale est totalement paralysée : marchés fermés, lieux de culte inaccessibles et activités sociales à l’arrêt. La population vit dans des conditions extrêmement précaires, sans accès suffisant à la nourriture, à l’eau potable ni aux soins de santé.

La situation sécuritaire demeure tout aussi préoccupante. Plusieurs groupes armés, dont les FARDC, la CRP et la CODECO, sont signalés dans la région. Des allégations récurrentes de violences et d’abus contre les civils alimentent un climat de peur généralisée et freinent tout espoir de retour rapide des déplacés.

Face à l’ampleur de la crise, l’UNADI lance un appel pressant aux autorités congolaises et aux partenaires humanitaires. L’organisation plaide pour l’ouverture urgente de couloirs humanitaires afin de permettre l’acheminement de vivres, de soins médicaux, d’eau potable et de kits d’abris en faveur des populations affectées. Elle recommande également la mise en place de patrouilles conjointes MONUSCO–UPDF pour renforcer la sécurité dans la zone.

Enfin, l’organisation insiste sur la nécessité de rétablir un climat de confiance entre les forces de sécurité et les populations civiles, condition indispensable pour envisager un retour progressif et sécurisé des déplacés dans leurs villages d’origine.


MAUA Grâce

LA REDACTION

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

Articles similaires