La peine de mort a été requise contre 20 prévenus sur les 25 accusés de participation au mouvement insurrectionnel « Kamwena Nsapu » au Kasai, dans le centre de la République démocratique du Congo, lors d’une audience en appel devant la Haute cour militaire, selon une dépêche de l’Agence congolaise de presse.
À l’issue de cette décision, le colonel magistrat Raphaël Mukuta, représentant du parquet militaire, a déclaré : « Qu’il plaise à la cour de déclarer recevable et fondé l’appel du ministère public, introduit à cette fin, et de déclarer en revanche recevables et non fondés les appels de tous les prévenus. Nous demandons de confirmer les décisions du premier juge en ce qui concerne tous les condamnés à la peine de mort. Statuant à nouveau sur ce point, la cour se déclare compétente pour connaître tous les faits infractionnels de cette affaire. »
La Cour d'appel de l'ex-Kasaï-Occidental a commencé, lundi 3 mars, les audiences foraines à Masuika, dans le territoire de Luiza, contre six présumés auteurs des exactions commises lors du conflit Kamwina Nsapu entre 2016 et 2017 dans la région du Kasaï.
Plus de 250 victimes de ces exactions se sont constituées en parties civiles pour obtenir réparation des dommages subis. Ces audiences se déroulent avec le soutien du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV).
Les accusés sont soupçonnés de violations massives des droits de l'homme, notamment de viols, ainsi que de violations du droit international humanitaire.
Selon son point focal au Kasaï-Central, Mirrhand Mulumba, cette structure souhaite établir les responsabilités de chacun et que les victimes obtiennent justice et réparations. Il affirme également qu'en soutenant la justice militaire pour la tenue de ce procès public, le FONAREV veut faire passer le message que la République de l'impunité n'existe plus et que chacun doit répondre de ses actes devant la justice.
« Il est vrai que dans le territoire de Luiza, des exactions assimilables à des violations systématiques des droits de l'homme ont été commises, ainsi que des violations du droit international humanitaire. Il est de la responsabilité du Fonds national de réparation d’appuyer la cour militaire pour permettre le déroulement de ces audiences foraines, qui revêtent un caractère pédagogique important », a-t-il déclaré.
D'après lui, il est essentiel de permettre à la population de ce secteur de comprendre que la République de l'impunité appartient désormais au passé. Il souhaite également que toutes les personnes impliquées, directement ou indirectement, dans cette affaire subissent la rigueur de la loi.
Gloire MALUMBA.K