Lors d’un point de presse tenu ce mardi 4 novembre à Kinshasa, le président du parti Alliance pour le changement (ACH), Jean-Marc Kabund, a accusé le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, de laisser perdurer le conflit dans l’est du pays afin de préparer un glissement constitutionnel. « Nous sommes convaincus que, par crainte de quitter le pouvoir en 2028, Tshisekedi laisse délibérément la guerre se poursuivre pour justifier une prolongation anticonstitutionnelle de son mandat », a déclaré l’ancien président par intérim de l’UDPS.
Kabund a également dénoncé l’inaction du gouvernement face à la recrudescence des violences et à la multiplication des groupes armés. « La RDC compte aujourd’hui plus de 250 groupes armés qui tuent, violent et exploitent les ressources minérales au profit des multinationales occidentales », a-t-il affirmé, pointant l’incapacité de l’armée à faire face à ces menaces et la perte d’autorité de l’État.
Craignant une fragmentation du pays, l’opposant a accusé les autorités de « se livrer à une politique de déni et de diversion ». Il a rappelé avoir déjà tiré la sonnette d’alarme en 2022 et a lancé un appel à un sursaut patriotique, invitant les acteurs politiques, les Églises et la société civile à « se mobiliser pour un dialogue national sincère et inclusif ».
« Si cela n’est pas fait rapidement, nous lancerons dans les semaines à venir une série d’actions pacifiques jusqu’à la convocation du dialogue, avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il prévenu, estimant que « le refus de convoquer le dialogue équivaut à abandonner nos compatriotes de l’Est, ce qui constitue une haute trahison envers la nation ».
Pour Jean-Marc Kabund, ce dialogue devrait être « sincère, courageux et sans mise en scène, un dialogue pour sauver des vies et mettre fin aux souffrances de notre peuple ». L’ancien prisonnier politique estime que l’absence d’un tel cadre compromet la paix, notamment dans les provinces de l’Est, toujours en proie à une insécurité chronique.
Il a par ailleurs critiqué la stratégie politique du président Tshisekedi, qu’il juge « non patriotique » et motivée par la volonté de se maintenir au pouvoir. « Nous ne considérons pas le refus obstiné de Félix Tshisekedi de convoquer un dialogue inclusif comme un acte de patriotisme. Au contraire, c’est une grave erreur, révélatrice d’une stratégie cynique de maintien au pouvoir au-delà de son mandat », a-t-il dénoncé.
Kabund a également fustigé des manœuvres politiques « machiavéliques », menées « sans compassion pour les victimes des violences dans l’Est du pays ». Dressant un bilan sévère de la gouvernance actuelle, il a évoqué « un système rongé par la corruption, le mensonge et les fausses promesses ».
« La RDC n’est plus gouvernée. Elle est soumise à la corruption et aux mensonges. La promesse de changement, tant chantée pendant 37 ans de lutte, s’est transformée en un cauchemar collectif », a-t-il déploré.
Selon lui, cette dérive traduit l’échec d’un système incapable de répondre aux aspirations du peuple, plongeant la nation dans « une crise morale et institutionnelle sans précédent ». Kabund plaide pour une alternative politique crédible, fondée sur « la vérité, la justice sociale et la restauration de la dignité nationale ».
En conclusion, il a appelé les habitants de la capitale à se mobiliser massivement. « J’invite les Kinoises et les Kinois à répondre en grand nombre à la marche du 15 décembre pour inciter Tshisekedi à organiser un dialogue national et inclusif. Ce dialogue ne doit pas être une simple mise en scène, mais un dialogue pour l’intérêt du peuple. Le temps du dialogue national inclusif est venu », a-t-il insisté.
Rédaction

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