Dès les premières heures de la matinée, des milliers de travailleurs, fonctionnaires, enseignants et élèves se sont retrouvés bloqués sur les grandes artères. Faute de bus et de taxis, beaucoup ont été contraints de parcourir de longues distances à pied pour rejoindre leurs lieux de travail ou d’étude. Une situation inhabituelle qui a rapidement viré au chaos.
À l’origine de cette désorganisation : les nouvelles mesures annoncées par les autorités pour lutter contre les embouteillages chroniques qui asphyxient la mégapole. Jugée brutale par de nombreux chauffeurs, cette réforme a provoqué une réaction immédiate du secteur du transport en commun, dont une grande partie a préféré suspendre ses activités.
Selon les nouvelles dispositions, seuls les automobilistes en règle avec l’ensemble des taxes obligatoires sont désormais autorisés à circuler. Le montant cumulé atteint 564 dollars américains, comprenant la vignette (70 dollars), le permis de conduire (120 dollars), le contrôle technique (80 dollars) et l’assurance (294 dollars). Des coûts largement jugés exorbitants par les conducteurs.
Pour les chauffeurs de transport en commun, ces exigences financières constituent un véritable casse-tête. Beaucoup estiment ne pas pouvoir supporter une telle charge et refusent, pour l’instant, de reprendre le volant. Résultat : une offre de transport fortement réduite et une population livrée à elle-même.
Par ailleurs, les usagers subissent de plein fouet cette pénurie. Les rares véhicules encore en circulation imposent leurs tarifs, souvent au gré de l’heure et de l’humeur du conducteur. Les prix des trajets varient de 1 000 francs congolais le matin à près de 5 000 francs en fin de journée, un montant hors de portée pour des millions de Kinois vivant avec moins d’un dollar par jour, soit environ 2 850 francs congolais.
Les opérations de contrôle lancées ce lundi ont accentué les difficultés, rendant les déplacements quasi impossibles dans plusieurs zones de la ville et forçant une grande partie des habitants à traverser Kinshasa à pied. Si les autorités affirment vouloir désengorger la circulation et assainir le secteur des transports, la question des alternatives reste posée.
Présentée par l’État comme une réforme nécessaire de la gestion des transports urbains, cette première journée d’application laisse un goût amer dans la capitale. Pour de nombreux habitants de Kinshasa, ces mesures ne font, pour l’instant, qu’aggraver une situation déjà critique, au prix d’un lourd sacrifice quotidien.
Rédaction

Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!