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ÉDUCATION

Kinshasa : l’INA et l’INAS montent au créneau contre des tentatives de spoliation de son bâtiment historique

Lors d’un point de presse tenu ce mardi 16 juin 2026, les directions générales de l’Institut national des arts (INA) et de l’Institut national des arts du spectacle (INAS) ont tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’elles qualifient de nouvelles tentatives de spoliation du bâtiment qu’occupent les deux établissements sur l’avenue du Commerce, dans la commune de la Gombe à Kinshasa.

Bâtiment historique de l'INA et l'INAS
Bâtiment historique de l'INA et l'INAS

Organisée sur le site concerné, cette rencontre visait notamment à réagir aux informations circulant sur les réseaux sociaux et certaines plateformes numériques, faisant état d’une prétendue vente de l’immeuble.



Prenant la parole à cette occasion, le professeur ordinaire Félicien Tshimungu Kandolo, directeur général de l’INA et de l’INAS, a rejeté ces allégations et rappelé que le bâtiment situé au numéro 1 de l’avenue du Commerce constitue un patrimoine de l’État congolais légalement affecté aux deux institutions.

« Ce bâtiment subit des tentatives de spoliation. Pourtant, tout le monde sait qu’il s’agit d’un patrimoine de l’État servant à la formation des étudiants et des élèves artistes. Les documents existent et attestent clairement qu’il s’agit d’un bâtiment affecté à l’université. Il ne peut donc faire l’objet d’aucune spoliation », a-t-il déclaré.



Le responsable académique a souligné l’importance stratégique de l’INA et de l’INAS dans la préservation et la promotion de l’identité culturelle congolaise. Il a également appelé les autorités à s’impliquer davantage afin de protéger ce patrimoine public.

« Nous voulons que l’État s’implique totalement dans ce dossier, parce qu’il est le garant de la justice, de l’État de droit et le protecteur de la population. Un patrimoine de l’État ne peut pas être spolié. Nous devons parler de notre culture et de nos arts, et pour cela il nous faut un cadre approprié. L’État ne peut pas laisser spolier ce bâtiment qui est l’unique école formant les élèves dans le domaine des arts. C’est une question capitale », a-t-il insisté.

Selon lui, l’identité des auteurs de ces tentatives de spoliation n’est pas encore établie. Toutefois, plusieurs procédures judiciaires sont en cours et les autorités compétentes ont déjà été saisies.

« Les spoliateurs ne sont pas connus, mais il y a des actions en justice. Nous voulons que ces procédures aboutissent. J’ai écrit au chef de l’État, au ministre de la Justice, au ministre d’État chargé de l’Éducation nationale, au ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire ainsi qu’au ministre des Affaires foncières », a-t-il précisé.

De son côté, la préfète de l’INAS, Nadège Mitshindu Bope, a dénoncé les conséquences de cette situation sur le climat de travail et d’apprentissage au sein des deux établissements.

« Il était temps que nous puissions dénoncer tous ces actes qui portent atteinte à l’éducation nationale. Cette situation perturbe énormément le déroulement des activités pédagogiques. Le personnel est inquiet et ne sait plus à quoi s’attendre », a-t-elle déclaré.

Selon elle, cette incertitude affecte également les élèves et compromet le bon déroulement des activités académiques. Elle a ainsi appelé la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale à s’impliquer personnellement dans la résolution de ce dossier.

« L’INAS est l’unique école de la République démocratique du Congo qui forme les élèves dans les domaines des arts du spectacle, de la musique, du théâtre, de la danse, du cinéma ainsi que des arts et technologies. Aujourd’hui, cette école est menacée. Il faut que les autorités interviennent afin qu’un climat de paix puisse régner et que nous poursuivions normalement nos activités pédagogiques et culturelles », a-t-elle plaidé.

La préfète a également mis en avant le rôle de l’établissement dans le rayonnement culturel du pays.

« Nos élèves sont appelés à devenir des artistes qui contribueront à la promotion de l’image de la RDC. À l’heure où l’on parle de soft power, l’INAS constitue une véritable pépinière de talents capable de renforcer l’influence culturelle de notre pays », a-t-elle conclu.

Selon les directions de l’INA et de l’INAS, les premières menaces de spoliation visant ce site remontent au début des années 2000, soit une douzaine d’années après l’installation des deux institutions dans ce bâtiment.

Pour rappel, l’immeuble a été officiellement attribué à l’INA et à l’INAS en 1988 par le régime du maréchal Mobutu, à la suite de leur relocalisation depuis le Pont Kasa-Vubu afin de permettre la construction du Stade des Martyrs. Près de quarante ans plus tard, les responsables des deux établissements affirment détenir l’ensemble des titres et documents légaux attestant de leurs droits sur ce patrimoine public.Cette version adopte un ton plus fluide et plus proche des standards de la presse d’information générale.


Gloire MALUMBA.K

LA REDACTION

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