Sur place, plusieurs commerçants ont confié à la rédaction de PresseActu.net leur inquiétude face à la baisse des revenus et à la hausse persistante du coût de la vie, à quelques semaines de la reprise des cours.
Vendeuse d'épices au marché, une mère de famille décrit un quotidien devenu particulièrement difficile. « Tout va mal ici. Il n'y a pas de vente ni d'argent. Nous ne savons pas comment nous allons renvoyer les enfants à l'école le 1er septembre. Nos maris ne travaillent pas et, jusqu'à présent, nous n'avons même pas encore acheté les fournitures scolaires pour nos enfants », témoigne-t-elle.
La commerçante explique que le poids des charges familiales devient chaque jour plus lourd. Mère de six enfants, dont certains fréquentent l'école primaire, le secondaire et l'université, elle affirme ne plus disposer des moyens nécessaires pour assurer leur scolarité. « Il n'y a pas d'argent. Nous nous demandons ce que le président Félix Tshisekedi prévoit pour résoudre cette crise économique, car ici au marché, la misère est réelle », ajoute-t-elle.
Réagissant aux annonces faisant état d'une baisse du dollar américain sur le marché de change, elle estime que cette évolution ne se reflète pas dans les réalités du terrain.
« Pour nous, commerçants, le dollar reste toujours élevé. Les prix des marchandises ne cessent d'augmenter. Par exemple, un filet d'ail coûtait 46 000 francs congolais le 15 juin dernier, contre 85 000 francs aujourd'hui. Les oignons se vendaient à 120 000 francs, mais leur prix atteint désormais 160 000 francs. Franchement, le pays va mal », déplore-t-elle, appelant les autorités à prendre des mesures urgentes pour soulager les ménages.
Le même constat est partagé par Philippe, couturier de profession, qui observe un ralentissement inhabituel des activités liées à la rentrée scolaire.
« Dans les magasins et boutiques où l'on vend les fournitures scolaires, il n'y a presque pas de clients parce qu'il n'y a pas d'argent. Même les femmes qui se débrouillent ici au marché ont du mal à joindre les deux bouts. Dans notre secteur de la couture, les parents ne viennent presque plus nous confier les uniformes de leurs enfants. Pourtant, les années précédentes, à cette période, nous étions déjà débordés de commandes. Aujourd'hui, la plupart des personnes qui viennent apportent plutôt des vêtements à revendre », explique-t-il.
Un chauffeur de transport en commun rencontré sur place, Bodrick Vatomene, n'a pas non plus caché son inquiétude face aux difficultés auxquelles sont confrontées les familles.
« Vous pouvez constater que les mamans vendeuses ne vendent presque rien. Je ne sais pas comment elles vont faire. À notre époque, quand nous étions enfants, les exigences scolaires n'étaient pas les mêmes. Nous portions parfois des sandales et mettions nos cahiers dans des sachets de sucre Kwilu-Ngongo. Aujourd'hui, les enfants ont besoin de chaussures neuves, de sacs et de plusieurs autres fournitures. Avec cette situation économique, comment les parents vont-ils tout acheter pour leurs enfants ? », s'interroge-t-il.
S'agissant des stratégies adoptées pour faire face à cette conjoncture difficile, il explique que de nombreuses familles tentent de survivre grâce aux maigres revenus générés par leurs activités quotidiennes afin de répondre aux besoins les plus urgents de leurs enfants. Il dénonce également les embouteillages persistants dans les rues de Kinshasa ainsi que les tracasseries qu'il attribue à certains agents chargés du contrôle des transports, déployés sur plusieurs grandes artères de la capitale par le gouverneur Daniel Bumba.
Gloire MALUMBA.K

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