À la prison centrale de Mbanza-Ngungu, le constat est particulièrement préoccupant. Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère de la Justice, l’établissement accueille actuellement 427 détenus pour une capacité théorique de 150 places. Parmi eux, 191 sont des prévenus et 236 des condamnés. L’établissement compte également sept femmes et deux mineurs.
Installée dans une ancienne maternité, la prison manque cruellement d’espace et d’infrastructures adaptées. La séparation entre les différentes catégories de détenus demeure difficile. Si les femmes disposent d’un espace distinct, prévenus et condamnés cohabitent. Les mineurs, eux, ne bénéficient pas d’un quartier spécialement aménagé pour leur âge et leur statut.
Les conditions de détention sont tout aussi préoccupantes. Faute de couchettes en nombre suffisant, plusieurs détenus dorment à même le sol. Les installations sanitaires sont insuffisantes et, selon la direction de l’établissement, les prisonniers ne reçoivent actuellement qu’un repas par jour.
La situation sanitaire ajoute à l’inquiétude. Des cas de tuberculose et de choléra ont notamment été signalés. Avec des moyens limités, le poste de santé de la prison se concentre essentiellement sur les premiers soins. Les détenus nécessitant une prise en charge plus importante sont transférés vers l’Hôpital général de référence de Mbanza-Ngungu.
À ces difficultés s’ajoute une situation financière tendue. La direction de la prison affirme ne plus avoir reçu de subventions depuis cinq mois, ce qui complique davantage le fonctionnement quotidien de l’établissement.
Sur place, Guillaume Ngefa a également échangé directement avec plusieurs détenus. Ceux-ci lui ont exposé leurs préoccupations concernant les conditions de détention, l’alimentation, l’accès aux soins et le suivi de leurs procédures judiciaires.
Cette écoute directe permet au ministre de confronter les rapports administratifs aux réalités vécues au sein des établissements pénitentiaires. Elle intervient dans le cadre de la démarche d’évaluation engagée par le ministère dans la province.
Un parquet installé dans une structure en bois
La tournée s’est poursuivie au Parquet de grande instance de Mbanza-Ngungu, où le ministre a découvert un autre visage des difficultés du système judiciaire provincial.
Le parquet fonctionne dans une structure en bois construite en 1956, aujourd’hui fortement dégradée. L’état des lieux affecte les conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire et illustre les besoins persistants en matière de réhabilitation et de modernisation des infrastructures de justice.
Car l’efficacité de la justice ne dépend pas uniquement des compétences des magistrats ou de la qualité des textes. Elle suppose également des locaux adaptés, fonctionnels et dignes, aussi bien pour les professionnels que pour les justiciables.
La visite de Mbanza-Ngungu s’inscrit ainsi dans une mission plus large d’état des lieux des services judiciaires et pénitentiaires du Kongo-Central. Celle-ci porte notamment sur les conditions de détention, le fonctionnement des juridictions, l’état des infrastructures et des équipements, ainsi que sur le patrimoine foncier et immobilier relevant du ministère de la Justice.
Reste désormais à transformer ces constats en mesures concrètes. Le désengorgement des prisons, l’amélioration des conditions de détention, la protection des personnes vulnérables et la réhabilitation des infrastructures figurent parmi les principaux défis identifiés.
À Mbanza-Ngungu, le constat rappelle surtout que la modernisation de la justice ne peut être pensée uniquement depuis les administrations centrales. Elle se mesure aussi sur le terrain, là où les magistrats travaillent, où les justiciables viennent chercher justice et où les personnes privées de liberté vivent leur quotidien.
Enfin, il convient de noter qu’après Mbanza-Ngungu, Guillaume Ngefa Atondoko Andali doit poursuivre sa mission dans le Kongo-Central, avec des étapes annoncées à Matadi, Boma et Muanda.
Labora

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