Le chef de l’exécutif provincial est sorti de son silence ce mercredi 21 janvier 2026, lors d’une intervention sur les ondes de Top Congo FM, radio émettant depuis Kinshasa. À cette occasion, il a catégoriquement nié toute implication dans des faits de détournement de deniers publics ou de non-rétrocession des recettes fiscales dues à l’État.
« Jusqu’à ce jour, nous n’avons jamais reçu ce rapport de l’IGF », a-t-il martelé, assurant n’avoir aucune connaissance des conclusions qui lui sont attribuées. Au-delà de ce démenti, Grâce Bilolo conteste la procédure engagée contre lui.
Il déplore notamment le non-respect du principe du débat contradictoire. « Moi, en tant que gouverneur et représentant légal de la province, je n’ai jamais été associé à un débat contradictoire autour de ce rapport », soutient-il. Selon ses explications, les échanges avec les inspecteurs de l’IGF se seraient limités au seul ministre provincial des Finances.
Pour le gouverneur, les accusations relayées à son encontre relèvent davantage de la rumeur que d’une démarche judiciaire formellement établie. « Je n’ai reçu aucune notification officielle », insiste-t-il, estimant que le dossier, à ce stade, manque de clarté, de transparence et de fondement juridique solide.
Dans les faits, la Cour de cassation a bel et bien saisi l’Assemblée provinciale du Kongo-Central afin d’obtenir l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire. Cette requête fait suite à une mission de contrôle menée par l’IGF l’an dernier, au terme de laquelle la justice soupçonne un préjudice financier évalué à près d’un million de dollars américains.
Bénéficiant d’un privilège de juridiction, le gouverneur ne peut être poursuivi sans l’aval préalable des députés provinciaux. Ces derniers devront ainsi se prononcer, dans un climat politique particulièrement sensible, sur l’opportunité de lever ou non cette immunité.
L’enjeu est de taille pour la province : soit l’Assemblée provinciale autorise l’ouverture de l’instruction afin de faire toute la lumière sur la gestion des fonds publics, soit elle s’aligne sur la position du gouverneur, qui considère que le dossier ne repose pas sur des bases contradictoires suffisantes. Une décision très attendue, susceptible d’avoir des répercussions majeures sur la stabilité institutionnelle du Kongo-Central.
Augustin Ndjabu

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