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ÉCONOMIE

Kongo-Central : Grâce Bilolo lance les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Mpioka

Le gouverneur du Kongo-Central, Grâce Bilolo, a procédé, ce samedi 7 février 2026, au lancement officiel des travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Mpioka. Une fois achevé, cet ouvrage énergétique devrait alimenter la cité sainte de Nkamba ainsi que plusieurs villages environnants, avec une capacité estimée à près de 11 KVA.

Un poignée de main entre le gouverneur de la province du Kongo-Central, Grâce Bilolo avec le Chef spirituel de l'église kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani..
Un poignée de main entre le gouverneur de la province du Kongo-Central, Grâce Bilolo avec le Chef spirituel de l'église kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani..

Selon une dépêche de la cellule de communication du gouvernorat, la cérémonie de lancement s’est déroulée à l’issue d’une rencontre entre l’autorité provinciale et Sa Sainteté Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel de l’Église kimbanguiste, dans la cité sainte de Nkamba. Depuis ce lieu hautement symbolique, le leader religieux a donné le coup d’envoi de ce projet présenté comme historique, tant sur le plan énergétique qu’économique.

Le financement du barrage repose essentiellement sur la contribution des fidèles de l’Église kimbanguiste. À l’annonce de l’appel à contribution 5 dollars pour chaque fidèle adulte et 1 dollar pour les enfants, les croyants réunis dans le temple de Nkamba ont manifesté leur adhésion au projet. « L’argent t’appartient », a lancé un fidèle, auquel le chef spirituel a répondu : « L’Église universelle. Faites diligence ! ».

Porté par une communauté estimée à plus de 20 millions de fidèles à travers le monde, ce projet s’inscrit dans une vision ancienne. Il avait été initié le 11 janvier 1989 par Papa Diangenda, premier chef spirituel de l’Église kimbanguiste. Une œuvre d’art exposée dans l’enceinte du temple kimbanguiste illustre d’ailleurs cette ambition.

Situé sur la rivière Mpioka, le site présente un potentiel énergétique jugé important. Il dispose d’un bassin versant de 647 km² et d’un débit moyen annuel estimé à 12 m³ par seconde, offrant des conditions favorables à la production d’électricité. Le barrage affiche également un potentiel global évalué à 6 450 mégawatts. Son développement est présenté comme une réponse au déficit énergétique chronique que connaît Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants.

Au-delà de la production électrique, cet ouvrage est perçu comme un levier de développement socio-économique. Le projet pourrait favoriser l’implantation d’industries, la création d’unités de transformation des produits agricoles, l’amélioration du réseau routier ainsi que la dynamisation de l’économie locale. À travers cette initiative, l’Église kimbanguiste affirme rester fidèle à ses valeurs fondées sur le respect des préceptes, l’amour et le travail.

Ce projet s’inscrit par ailleurs dans un contexte national marqué par une demande croissante en électricité. Lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, deux projets structurants visant à renforcer l’offre énergétique du pays avaient été présentés.

Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, avait alors soumis deux notes d’information portant sur le développement de nouvelles capacités de production et sur la réhabilitation d’infrastructures existantes. Selon lui, l’exploitation du site de Mpioka pourrait contribuer à stabiliser l’approvisionnement énergétique de Kinshasa et soutenir l’industrialisation du pays, dans un contexte où l’accès à une électricité fiable demeure un frein majeur aux investissements.

La seconde note concerne la réhabilitation de 17 centrales hydroélectriques privées actuellement en faillite ou à l’abandon. Réparties dans sept provinces, ces infrastructures pourraient être remises en service afin de renforcer la sécurité énergétique, notamment dans les zones à forte activité minière. L’objectif est également d’améliorer l’accès à l’électricité pour les populations locales et de réduire la dépendance aux groupes électrogènes, jugés coûteux et polluants.


MKG

LA REDACTION

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