S’exprimant au nom de la Coalition Article 64 (C64), Jean-Marc Kabund a mis en garde les dirigeants de la majorité contre les conséquences d’une telle initiative. « Ce qui est certain, c’est que nous ne vous laisserons pas changer la Constitution en vous servant de cette loi », a-t-il déclaré, estimant que ce texte pourrait constituer un instrument destiné à ouvrir la voie à une révision de la Loi fondamentale.
L’opposant a également alerté sur les risques d’un précédent politique et juridique. Selon lui, les mécanismes qui seraient aujourd’hui mis en place pourraient être exploités demain par d’autres acteurs. « L’hypothèse la plus plausible est que le régime qui vous succédera pourrait, à son tour, se servir de cette loi que vous aurez promulguée pour se maintenir au pouvoir, cette fois contre vous. Réfléchissez-y : c’est à vos risques et périls », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent quelques heures après la publication d’un communiqué du Bureau de l’Assemblée nationale annonçant l’inscription à l’ordre du jour de la prochaine session ordinaire de septembre de la nouvelle délibération de la loi relative à l’organisation du référendum. Cette démarche vise à intégrer les observations formulées par la Cour constitutionnelle dans son arrêt R.Const. 2695 rendu le 28 juillet 2026.
Selon le Bureau de la chambre basse, la Haute Cour a jugé conforme à la Constitution la loi sur l’organisation du référendum, tout en exigeant la suppression, la substitution ou la réécriture de certaines dispositions. Cette décision faisait suite à une requête introduite par le président de la République.
L’Assemblée nationale précise par ailleurs que le chef de l’État, à travers sa lettre n°26/009 du 10 août 2026, a saisi les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat afin de solliciter, conformément à l’article 137 de la Constitution, une nouvelle délibération du texte.
Les autorités justifient cette initiative par « l’importance particulière » de cette loi dans la vie démocratique du pays et par la nécessité de disposer d’un cadre juridique garantissant « la clarté, la cohérence, l’intelligibilité et la sécurité juridique » dans l’exercice de la souveraineté populaire.
Gloire MALUMBA.K

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