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Manifestation contre la montée de l’insécurité : deux morts et trois blessés, dont un nourrisson à Manguredjipa

Une ville meurtrie par la violence. Une manifestation pacifique organisée ce mardi 27 janvier 2026 à Manguredjipa, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, a viré au drame après de violents affrontements entre des femmes manifestantes et les forces de l’ordre. Le bilan provisoire fait état de deux morts par balles et de trois blessés, dont un nourrisson de six mois.

Photo d'illustration
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Les manifestantes, majoritairement vêtues de noir et coiffées d’herbes sur la tête, protestaient contre la persistance de l’insécurité dans la région, attribuée aux attaques des présumés rebelles ADF/ISCAP. Elles dénonçaient également l’inefficacité des autorités administratives et militaires à assurer la protection des populations civiles.

Partie du quartier Mangazi, la marche s’est dirigée vers la résidence du chef de secteur de Bapere, Macaire Sivikunula, accusé par les manifestantes d’inaction face à la dégradation de la situation sécuritaire. Sur place, la tension est montée d’un cran, donnant lieu à des affrontements au cours desquels plusieurs biens ont été endommagés ou incendiés, notamment une moto et des effets personnels appartenant au chef de secteur.

Selon le journaliste Jonas Wayire, les forces de l’ordre ont fait usage de balles réelles pour disperser la foule. Deux jeunes hommes ont été mortellement atteints par des tirs, tandis que trois autres personnes ont été blessées, dont une femme et un enfant de six mois. Plusieurs manifestantes auraient également été interpellées.

La société civile forces vives du secteur de Bapere, par la voix de son président Kagheni Samuel, condamne fermement l’usage excessif de la force et appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités. Elle invite par ailleurs la population à observer des journées sans activités socio-économiques jusqu’à l’inhumation des victimes, en signe de protestation contre ces violences.

« Nous dénonçons l’usage disproportionné de la force par des personnes censées protéger les civils », a déclaré Kagheni Samuel au micro d’une radio locale. « Nous exigeons que justice soit rendue et que des mesures concrètes soient prises pour rétablir la paix dans notre secteur. »

De son côté, Mambu Luvuno Devote, femme politique originaire de Manguredjipa, réclame l’arrestation et la poursuite judiciaire des auteurs des tirs ayant entraîné des pertes en vies humaines.

Dans la foulée de ces événements, le marché local est resté fermé et la circulation sur l’axe Njiapanda–Manguredjipa a été fortement perturbée, illustrant la paralysie quasi totale des activités socio-économiques dans la région.


Grâce MAUA

LA REDACTION

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