La ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, a vécu une journée ville morte ce mardi 13 janvier 2026. À l’initiative de la Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression, les activités socio-économiques ont été totalement paralysées pour dénoncer l’insécurité grandissante qui frappe la ville depuis plusieurs mois.
Dès les premières heures de la matinée, boutiques, pharmacies, galeries commerciales et maisons de commerce sont restées hermétiquement fermées. Les écoles ont également suspendu les cours, renvoyant les élèves chez eux, donnant à la ville une apparence inhabituelle de calme, mêlée à une tension perceptible. Les transports ont fonctionné au ralenti et plusieurs grandes artères sont restées désertes.
Dans certains quartiers, notamment à Furu, sur l’axe stratégique Butembo-Beni, la situation s’est révélée plus tendue. Des barricades ont été érigées par des manifestants pour bloquer la circulation. Des coups de feu ont été entendus lors de l’intervention des forces de l’ordre venues disperser les attroupements, provoquant la panique au sein de la population. Aucun bilan officiel n’a toutefois été communiqué.
À travers cette mobilisation, les organisateurs dénoncent la multiplication des assassinats ciblés, des vols à main armée et l’instauration progressive d’un climat de peur à Butembo. Ils accusent les autorités locales et sécuritaires d’inefficacité face à une situation qu’ils qualifient d’alarmante.
Dans leur cahier de charges, les mouvements citoyens exigent notamment le départ du maire de la ville, qu’ils estiment incapable de rétablir la sécurité, ainsi que le relèvement du commandant urbain de la police. Ils réclament également la délocalisation des positions des groupes Wazalendo hors des zones résidentielles, jugeant que leur présence au cœur de la ville accentue l’insécurité. L’ouverture d’enquêtes indépendantes et crédibles sur les violences enregistrées figure aussi parmi leurs principales revendications.
Les organisateurs insistent sur le caractère pacifique de cette action et affirment vouloir, par cette journée ville morte, attirer l’attention des autorités provinciales et nationales sur la souffrance de la population. Ils appellent le gouvernement central à prendre des mesures urgentes et concrètes pour protéger les civils et rétablir la paix à Butembo.
Cette journée de protestation illustre le ras-le-bol d’une population éprouvée, déterminée à faire entendre sa voix face à une insécurité qui menace non seulement les vies humaines, mais aussi l’économie et l’avenir de toute la ville.
Maua Grace

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