Cette flambée a rapidement eu des répercussions sur le transport urbain. Sur plusieurs axes, les tarifs des courses ont été revus à la hausse. Dans certains quartiers de Butembo, des habitants ont même été contraints de rentrer chez eux à pied dans la soirée, faute de moyens pour s’adapter aux nouveaux prix du transport.
Interrogés sur les raisons de cette augmentation, certains vendeurs de carburant, aussi bien grossistes que détaillants, évoquent la guerre au Moyen-Orient. Selon eux, une grande partie du carburant consommé dans la région proviendrait de zones aujourd’hui affectées par le conflit, ce qui expliquerait la montée des prix.
Les autorités provinciales rejettent toutefois cette explication. Le chef de division provinciale de l’Économie nationale au Nord-Kivu, Adrien Mbalavahi, dénonce une spéculation orchestrée par certains opérateurs économiques.
« Cette hausse à laquelle nous assistons actuellement n’est qu’une spéculation de mauvais goût de la part des opérateurs économiques intervenant dans la distribution des produits pétroliers », a-t-il déclaré ce samedi.
Selon lui, la situation géopolitique internationale ne peut pas justifier une augmentation immédiate du prix du carburant dans la région. Les services de l’économie affirment disposer d’informations indiquant que les stocks restent suffisants dans les villes de Butembo et Beni, ainsi que dans leurs territoires environnants.
Adrien Mbalavahi cite notamment le poste frontalier de Kassindi, où plusieurs véhicules transportant du carburant seraient encore en attente. Il déplore également la fermeture de certaines stations-service à Beni, qui évoquent un manque de carburant.
« C’est faux. Le carburant est là. Avant de fermer, une station doit informer les services de l’économie. Les statistiques à notre possession prouvent qu’il y a une quantité suffisante », a-t-il insisté.
Le responsable rappelle par ailleurs que le prix du carburant est homologué par le ministère de l’Économie et qu’aucun opérateur ne peut le modifier de manière unilatérale. Actuellement, le tarif officiel est fixé autour de 3 300 francs congolais le litre.
« Tant que le ministère n’a pas constaté un changement des paramètres, personne ne peut augmenter le prix. Ceux qui vendent au-delà de ce tarif sont en train de voler la population », a-t-il averti.
Les services de l’Économie nationale indiquent enfin avoir été instruits pour contrôler le marché et récupérer les montants indûment perçus auprès des consommateurs.
Grâce MAUA

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