Dans ce même contexte, il estime que cette initiative reflète une évaluation objective du bilan de la mission onusienne, dont l’efficacité dans l’Est du pays reste limitée. Selon la SOCICO, malgré les moyens humains, matériels et financiers importants mobilisés par la MONUSCO, la mission n’a pas pleinement accompli ses objectifs essentiels.
L’organisation évoque notamment l’incapacité à protéger efficacement les civils contre les attaques des ADF et d’autres groupes armés, à pacifier les zones en conflit, à maintenir durablement la paix et à stabiliser les provinces orientales. Les massacres récurrents, les déplacements massifs de populations ainsi que la prolifération des groupes armés illustrent, selon elle, cette inefficacité.
L’organisation appelle ainsi la MONUSCO à considérer ce retrait comme un signal d’alerte et une opportunité d’auto-évaluation sur son rôle dans la région. Elle exhorte également le gouvernement congolais à assumer pleinement ses responsabilités en renforçant et en professionnalisant les services de sécurité, avec des moyens humains, logistiques et financiers conséquents, afin d’assurer la sécurité nationale sans dépendance excessive aux forces étrangères.
Le 7 février dernier, l’Afrique du Sud a annoncé le retrait progressif de ses militaires engagés au sein de la MONUSCO. Environ 700 soldats sud-africains, sur un total de 12 500 casques bleus, devraient être rapatriés avant la fin de l’année. Selon la présidence sud-africaine, cette décision vise à réajuster et à consolider les ressources des forces nationales après vingt-sept années d’engagement dans les opérations de maintien de la paix en RDC.
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a officiellement informé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de cette décision. Cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’Est de la RDC, où les violences persistent depuis près de trois décennies.
Depuis fin 2021, le groupe armé M23 a repris le contrôle de plusieurs zones stratégiques, notamment Goma et Bukavu, provoquant d’intenses affrontements et une instabilité durable dans les régions frontalières avec le Rwanda, riches en ressources minières. Le groupe a récemment revendiqué une attaque de drones contre l’aéroport de Kisangani, loin de ses zones d’influence habituelles.
Le retrait sud-africain intervient également dans un contexte de pression de l’opinion publique, après la mort de quatorze soldats en janvier 2025, dont plusieurs appartenaient à la force régionale de la SAMIRDC, précédemment déployée dans l’est du Congo. Début 2025, la SADC avait mis fin au mandat de cette force, jugée incapable de contenir l’avancée du M23.
Malgré ce retrait, Pretoria affirme qu’elle poursuivra son soutien aux efforts multilatéraux visant à instaurer une paix durable en RDC. De son côté, l’Organisation des Nations unies prépare un nouveau déploiement pour appuyer un cessez-le-feu présenté comme permanent, dans la continuité des accords signés entre Kinshasa et le M23, ainsi qu’entre la RDC et le Rwanda, même si les combats se poursuivent sur le terrain.
Grâce MAUA

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