Selon des sources locales concordantes, le bilan provisoire fait état d’au moins six personnes tuées, parmi lesquelles deux militaires, un jeune garçon atteint par balle et trois civils. Plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées et admises à l’hôpital général de référence de Manguredjipa, où les équipes médicales s’efforcent de prendre en charge les victimes malgré le manque de moyens.
La société civile du secteur de Bapere dénonce une nuit marquée par une confusion totale. Des coups de feu nourris ont été entendus simultanément dans plusieurs quartiers de Manguredjipa, semant la panique parmi les habitants, contraints de se barricader dans leurs maisons ou de fuir vers des zones supposées plus sûres. Cette situation, selon plusieurs témoignages, a rendu difficile l’identification de l’ennemi réel au moment des attaques.
Par la voix de son représentant, Kagheni Samuel, cette structure citoyenne fustige par ailleurs, le manque de coordination entre les différentes forces armées présentes dans la zone, notamment les FARDC, l’UPDF (armée ougandaise) et les groupes armés locaux alliés dits Wazalendo. Malgré cette forte présence militaire, les rebelles ADF continuent de contourner les dispositifs sécuritaires et d’opérer presque librement, suscitant incompréhension et colère au sein de la population.
« Il est inconcevable que les ADF continuent de tuer des civils alors que la zone est fortement militarisée. Il faut une enquête sérieuse et une stratégie claire impliquant à la fois les forces armées et la population », a déclaré Kagheni Samuel.
Le village Katanga, l’un des sites ciblés, se trouve pourtant à proximité immédiate d’une base de l’UPDF, déployée pour appuyer les FARDC dans la traque des ADF. Cette proximité alimente davantage les interrogations sur les circonstances exactes de l’attaque et l’efficacité du dispositif sécuritaire en place. Bien que l’agglomération de Manguredjipa soit officiellement sous contrôle des FARDC et de l’UPDF, avec la présence d’une dizaine de groupes armés locaux Wazalendo, l’insécurité demeure persistante.
Cette nouvelle attaque intervient quelques jours seulement après la découverte des corps de deux femmes une mère et sa fille portées disparues depuis environ quatre jours. Leurs dépouilles ont été retrouvées jeudi dernier à Itembo, un village du même secteur de Bapere, confirmant la recrudescence des violences dans la région.
Face à cette situation alarmante, la société civile appelle les autorités militaires et politiques à ouvrir une enquête approfondie, à établir clairement les responsabilités et à mettre en place une stratégie sécuritaire cohérente, intégrant également la population locale, afin de mettre un terme aux massacres récurrents dans le territoire de Lubero.
MAUA Grâce

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