Une nouvelle manœuvre de propagande attribuée au M23/RDF se dessine dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. D’après des informations jugées fiables, les rebelles envisageraient d’organiser des cérémonies funéraires collectives destinées à accuser l’armée congolaise de la mort de civils dans des zones pourtant sous contrôle rebelle.
Présentée comme un hommage aux victimes, cette initiative s’inscrirait en réalité dans une stratégie de communication soigneusement élaborée. L’objectif serait double : redorer l’image du mouvement rebelle et ternir celle des Forces armées de la RDC (FARDC), tant sur le plan national qu’international.
Selon ces mêmes sources, relayées par le journaliste Daniel Michombero, plusieurs corps de civils conservés dans différentes morgues de Goma, ainsi que d’autres victimes tuées dans des zones occupées par le M23/RDF, auraient été volontairement retenus. Dans ces territoires contrôlés depuis plusieurs mois, les familles auraient été empêchées d’organiser des deuils ou des enterrements, les dépouilles étant maintenues en vue d’une mise en scène collective.
Le plan consisterait à regrouper ces corps dans un lieu public, lors d’une cérémonie médiatisée, afin de faire croire qu’ils auraient été tués par les FARDC, alors que certaines victimes auraient péri dans des zones sous administration rebelle.
Parmi les corps évoqués figureraient notamment les huit victimes du récent bombardement de Masisi-centre, un épisode déjà au cœur de la guerre de communication qui accompagne le conflit armé dans l’est du pays. L’opération viserait à imposer un récit précis : celui d’une armée congolaise présentée comme brutale et ciblant délibérément des civils, en particulier issus de la communauté tutsie, tandis que le M23 tenterait d’apparaître comme un acteur protecteur et humanitaire.
Une lecture largement contestée par de nombreux observateurs indépendants. Ceux-ci rappellent que le M23 est régulièrement mis en cause par les Nations unies pour des exactions contre les civils, l’instauration d’une gouvernance parallèle et de graves violations des droits humains dans les zones qu’il contrôle. Sous le coup de sanctions internationales, la rébellion chercherait ainsi à se présenter comme une force de libération, après plusieurs mois d’occupation de territoires congolais.
À en croire les mêmes informations disponibles, les rebelles auraient mobilisé en amont des médias locaux, des réseaux sociaux, leurs communicateurs attitrés ainsi que des relais médiatiques internationaux, afin d’assurer une diffusion massive et rapide de cette mise en scène funéraire. Cette synchronisation viserait à imposer un récit émotionnel avant toute vérification indépendante, dans un contexte sécuritaire déjà fortement polarisé.
Pour plusieurs acteurs de la société civile et analystes sécuritaires, cette initiative soulève une question essentielle : peut-on parler d’hommage aux victimes lorsque leurs familles ont été privées du droit au deuil et à l’enterrement ?
Ils appellent notamment à :
une vérification indépendante de l’identité des victimes et des circonstances de leur mort ; le respect du droit humanitaire, en particulier le droit des familles à enterrer leurs proches ; une prudence accrue des médias face aux images et récits produits par des groupes armés engagés dans une guerre d’influence.
Rédaction

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