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SÉCURITÉ

Nord et Sud-Kivu : le Groupe d’experts de l’ONU signale la présence de 6 000 à 7 000 éléments de la FDR sur les lignes de front

Dans un contexte marqué par la recrudescence des hostilités à l'Est de la RDC, le Groupe d’experts des Nations unies documente une présence militaire rwandaise massive dans l’est de la RDC. L’ONU évoque le déploiement de milliers de soldats de la Force de défense rwandaise aux côtés de l’AFC/M23, engagés directement dans les combats au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Forces de la défense rwandaise. ( Photo d'illustration).
Forces de la défense rwandaise. ( Photo d'illustration).


Un rapport du Groupe d’experts des Nations unies, daté du 30 décembre 2025, met en garde contre la présence significative de la Force de défense rwandaise (FDR) en République démocratique du Congo. Selon ce document, entre 6 000 et 7 000 éléments de la FDR  constituant au minimum deux brigades et deux bataillons de forces spéciales  demeuraient déployés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces unités, organisées par tâches et par missions, auraient été constituées spécifiquement pour des opérations transfrontalières menées sur le territoire congolais. Elles comprenaient à la fois des éléments des forces spéciales rwandaises et un nombre important de membres issus des forces de réserve.

Les experts onusiens fondent ces conclusions sur plusieurs éléments de preuve concordants, notamment des témoignages recueillis auprès de l’AFC/M23, dont ceux d’un commandant de haut rang du mouvement, ainsi que des informations provenant de services de renseignement, de diplomates et de services de sécurité. L’ensemble de ces sources atteste de la poursuite des déploiements transfrontaliers de la FDR, du renforcement de sa présence dans le Nord et le Sud-Kivu, de son positionnement sur les lignes de front et de sa participation directe aux combats.

La FDR aurait notamment mené des opérations dites « anti-FDLR » dans les territoires de Nyiragongo et de Rutshuru. Sur le terrain, une brigade de la FDR a opéré dans la « première zone de défense » de l’AFC/M23, couvrant Goma, Nyiragongo, Binza, Bwito et Rutshuru, ainsi que Kanyobagonga, Kirumba et Kipese, dans le territoire de Lubero. Une seconde brigade était déployée dans la « deuxième zone de défense », englobant Masisi, Walikale, Bibwe et Kalembe, le long de la ligne de front de Pinga, ainsi que plusieurs zones du Sud-Kivu, notamment Walungu, Mwenga et Minembwe.

Le rapport souligne par ailleurs que des renforcements et des redéploiements fréquents ont été observés entre ces différents théâtres d’opérations. Il révèle également que la FDR a établi une base opérationnelle sur l’île d’Idjwi, régulièrement utilisée pour le déploiement et la rotation des troupes via le lac Kivu.

Selon le Groupe d’experts, l’appui de la FDR s’est avéré déterminant dans le succès de plusieurs opérations militaires, notamment lors de la conquête de nouvelles zones telles que Bibwe. Des sources internes à l’AFC/M23, dont un commandant de haut rang engagé dans des opérations conjointes avec la FDR, ont confirmé que des éléments de la FDR, désignés sous l’appellation de « Friendly Force », « gèrent les lignes de front » et « contrôlent les combattants du M23 ».

Des témoins oculaires ainsi que des sources internes à l’AFC/M23 indiquent qu’il était aisé de distinguer les soldats de la FDR des combattants du M23, notamment en raison de leur équipement plus moderne, de leur discipline, de leur comportement opérationnel et de leurs structures de commandement. Bien que menant des manœuvres conjointes, les unités de la FDR opéraient fréquemment en formations distinctes, et leur mode de déplacement, tout comme leurs accents, les rendaient facilement identifiables.

Enfin, le Groupe d’experts fait état de l’utilisation par la FDR de technologies et d’équipements militaires sophistiqués, notamment des systèmes de brouillage et d’espionnage. À cet égard, une évaluation technique a été menée sur un poste radio tactique confisqué à un soldat de la FDR à Masisi, en mars 2025.


MKG

LA REDACTION

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