Selon ce document, au moins 270 civils ont été tués en l’espace de trois mois au Nord-Kivu. Parmi les victimes figurent des femmes et des enfants. Une soixantaine de personnes ont également été blessées. Trois membres des forces de sécurité, dont un policier, ont aussi perdu la vie. Les territoires de Beni, Lubero, Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, ainsi que la ville de Goma, figurent parmi les zones les plus touchées.
Les attaques sont attribuées à plusieurs groupes armés, notamment les Allied Democratic Forces (ADF), les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le Mouvement du 23 mars (M23), ainsi que certains groupes dits Wazalendu. Le rapport évoque également l’implication présumée de certains éléments des forces armées congolaises dans des violations des droits humains.
Parmi les faits marquants, une attaque nocturne à Mambimbi-Isigo, dans le territoire de Lubero, a coûté la vie à 15 civils au début du mois de février. À Mangadu, en territoire de Beni, trois cultivateurs ont été abattus. À Kabanda, dans le territoire de Rutshuru, une incursion attribuée aux FDLR a fait un mort et plusieurs blessés graves.
Le rapport fait également état de nombreux pillages et incendies : habitations réduites en cendres, boutiques saccagées, motos et véhicules détruits ou emportés.Des enlèvements et arrestations arbitraires sont aussi signalés, dont celui d’un adolescent de 14 ans à Kanyabayonga, après l’assassinat de ses parents par des hommes armés.
Au Sud-Kivu, la situation demeure tout aussi préoccupante. L’ONG rapporte des cas d’enlèvements, de tortures, de disparitions forcées et d’extorsions, largement attribués aux éléments de l’AFC/M23.
À Bukavu, un journaliste local enlevé fin décembre 2025 a été retrouvé une semaine plus tard dans un état critique. Entre janvier et mi-février 2026, plus de 50 jeunes auraient été kidnappés dans plusieurs quartiers, certains transférés vers le Nord-Kivu pour un enrôlement forcé. La crise sécuritaire a notamment, provoqué d’importants déplacements de population.
À Masisi, plus de 178 000 personnes déplacées internes sont recensées, vivant dans des conditions précaires. Les barrières illégales et les taxes arbitraires se multiplient sur les axes routiers, notamment entre Bukavu et Kamituga, ainsi que dans les territoires d’Idjwi et de Kalehe. Les montants exigés aux voyageurs varient fortement, sous peine de violences.
Dans son analyse, Badilika souligne que la prolifération des groupes armés, la circulation incontrôlée des armes légères et l’absence de mécanismes judiciaires efficaces favorisent un climat d’impunité généralisée. Malgré la signature d’un accord entre Kinshasa et Kigali sous médiation américaine et l’annonce d’un cessez-le-feu sur certaines lignes de front, l’ONG estime que la protection des civils reste largement insuffisante.
Elle appelle ainsi au renforcement urgent des dispositifs de sécurité, au démantèlement des groupes armés, à la fin des pratiques d’extorsion et à l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs de violations graves des droits humains. Dans cette crise sécuritaire et humanitaire persistante, conclut le rapport, les populations civiles continuent de payer le prix le plus lourd.
Grâce MAUA

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