Selon un communiqué publié par le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), les experts ont dénoncé la gravité des exactions : « Nous sommes horrifiés par la brutalité des actes commis à l’encontre des défenseurs des droits humains et de leurs familles », ont-ils déclaré.
Le groupe d’experts affirme disposer d’éléments faisant état de tentatives d’assassinat, d’enlèvements répétés, de torture, de violences sexuelles et de menaces de mort, perpétrés par le M23 contre ceux qui documentent pacifiquement les violations, soutiennent leurs communautés et dénoncent les exactions.
Entre novembre 2025 et février 2026, plusieurs défenseurs des droits humains ont été pris pour cible en lien direct avec leur travail. Parmi eux, deux femmes manifestant contre les expulsions forcées de civils à Uvira, au Sud-Kivu, ont été enlevées et torturées par des militants du M23. Elles sont toujours portées disparues. Une autre défenseuse, œuvrant pour les droits des personnes LGBT, a été enlevée à plusieurs reprises, sévèrement torturée et demeure activement recherchée.
D’autres cas illustrent la menace permanente pesant sur ces acteurs de la société civile. Un défenseur a été contraint de se cacher après avoir reçu des menaces de mort ; des hommes armés auraient agressé son épouse pour le forcer à révéler sa localisation. À Goma, dans le Nord-Kivu, un jeune défenseur a également été menacé et contraint de se mettre à l’abri après la publication d’articles dénonçant des massacres de civils dans les zones contrôlées par le M23.
« Les défenseurs des droits humains actifs dans les provinces du Kivu paient un lourd tribut », ont insisté les experts. « Celles et ceux qui osent dénoncer les abus commis par le M23 sont délibérément pris pour cible. Les femmes défenseuses et les militants LGBT, déjà victimes de stigmatisation, sont exposés à un risque élevé de violences sexuelles et de torture. »
Les experts ont appelé le M23 à cesser immédiatement ces attaques et à respecter le cessez-le-feu, rappelant que l’État conserve l’obligation, en vertu du droit international, de protéger toutes les personnes relevant de sa juridiction. Même lorsque les violations sont commises par des groupes armés non étatiques, l’État doit exercer une diligence raisonnable pour prévenir, enquêter, sanctionner et réparer ces actes.
Enfin, les experts ont exhorté les autorités congolaises à garantir des enquêtes rapides et impartiales, à fournir protection et soutien médical et psychosocial aux victimes et à leurs familles, et à prendre des mesures concrètes pour que les défenseurs des droits humains puissent travailler en toute sécurité.
« Les défenseurs des droits humains ne sont pas des combattants. Ce sont des acteurs essentiels de la justice, de la responsabilité et de la paix », ont conclu les experts. « Lorsqu’ils sont réduits au silence par la peur et la brutalité, les perspectives d’une paix durable dans l’est de la RDC s’éloignent toujours davantage. »
Gloire MALUMBA

Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!