Les projets pétroliers Tilenga, Kingfisher et l’oléoduc EACOP se déploient à proximité immédiate de la frontière congolaise, sans consultation transfrontalière ni évaluation environnementale conjointe. Selon le CdC/RN, cette situation expose la RDC à des risques environnementaux, sanitaires et économiques majeurs, en contradiction avec ses engagements climatiques.
« Plus de 50 000 pêcheurs dépendent directement des ressources halieutiques du lac Albert. Ces eaux, interconnectées avec le bassin du Nil et le lac Édouard, forment une ceinture écologique vitale autour du Parc National des Virunga. La rivière Semliki est également une source majeure du Nil blanc, essentielle pour éviter la désertification dans plusieurs pays de la région », alerte Dieudonné Kasonia, secrétaire permanent du CdC/RN.
Les habitants dénoncent également la passivité du gouvernement congolais face à ces activités. L’absence de concertation transfrontalière et de garanties environnementales constitue, selon le CdC/RN, une violation du droit international, notamment du principe de prévention, de la Convention d’Espoo et de la Charte de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Face à cette situation, les communautés locales affectées ont saisi la Cour de Justice de l’Afrique de l’Est (EACJ). Le CdC/RN appelle par ailleurs le gouvernement à soutenir cette démarche par une action diplomatique et étatique d’envergure afin de protéger les populations et l’intégrité des écosystèmes.
Le CdC/RN et la coalition Notre Terre Sans Pétrole recommandent plusieurs actions immédiates, notamment, réaliser un état des lieux environnemental et halieutique, exiger une évaluation environnementale stratégique transfrontalière avec l’Ouganda, assurer l’inclusion effective des communautés locales dans les décisions, créer un comité de concertation permanent RDC–Ouganda et mettre en place un fonds d’indemnisation pour les populations affectées.
Ces recommandations doivent également être portées dans les instances bilatérales et régionales telles que l’EAC, le CIRGL et l’Union africaine, afin de garantir la protection durable des ressources naturelles et des droits des communautés locales.
Le CdC/RN rappelle que sa mission est de défendre les intérêts des communautés locales, notamment les pêcheurs, femmes et jeunes, et reste disponible pour collaborer avec les autorités dans la recherche de solutions durables et responsables. Pour rappel, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles est une plateforme regroupant des organisations de la société civile, des représentants des communautés locales, des pêcheurs, femmes et jeunes en Ituri.
La coalition Notre Terre Sans Pétrole soutient la protection de l’environnement et s’oppose aux nouveaux projets pétroliers et gaziers dans la région.
MKG

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