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Quand la Campagne d’assainissement des transports à Kinshasa sursaute les vrais problèmes

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illustration du lancement de la campagne des transports à Kinshasa — crédit photo : tiers
illustration du lancement de la campagne des transports à Kinshasa — crédit photo : tiers

Le 20 janvier 2026, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a lancé une campagne ambitieuse d’assainissement du secteur des transports. En se rendant au Centre National de Développement des Permis (CONADEP) pour obtenir son permis de conduire, il a souhaité donner le ton et montrer l’exemple. Cependant, derrière cette initiative se cache un faisceau de questions cruciales sur son efficacité réelle et sa portée sociale.

Le geste du gouverneur, bien qu’admirable sur le plan symbolique, semble davantage être une opération de communication qu’un véritable engagement à long terme. En effet, la simple possession d’un permis de conduire ou le respect des lois routières ne suffisent pas à garantir la sécurité des usagers sur les routes de Kinshasa. Les infrastructures routières insuffisantes et le désordre ambiant sont des problématiques bien plus profondes que la réglementation seule ne peut résoudre.

L’annonce d’une mobilisation de près de 3 000 agents pour le contrôle des permis et des vignettes sonne comme une promesse pleine de bonnes intentions, mais qui pourrait rapidement se heurter à des réalités de terrain décevantes. Comment garantir que ces agents appliquent réellement la loi sans corruption ni favoritisme ? Les précédentes opérations de contrôle ont souvent été émaillées de scandales, où la loi était plus un outil de racket qu’un véritable levier de civisme routier.

Si le respect des documents légaux est essentiel, la campagne semble faire fi d’un élément fondamental : la sensibilisation des citoyens. Avant d’imposer des sanctions, encore faudrait-il éduquer les conducteurs sur les enjeux de la sécurité routière. Une campagne aussi large et exigeante doit s’accompagner d’un volet d’information et de prévention qui reste, pour l’instant, flou.

La promesse de lourdes sanctions pour les contrevenants – allant de l'immobilisation des véhicules à la mise en fourrière – pourrait avoir des effets contre-productifs. Une telle répression, si elle n’est pas accompagnée d’une éducation adéquate, risque d’engendrer colère et frustration parmi les conducteurs, particulièrement ceux des couches les plus défavorisées qui peuvent être les plus touchés par ces mesures.

L’intention affichée de renforcer le civisme routier est louable, mais les moyens pour y parvenir suscitent des interrogations légitimes. Comment s’assurer que cette campagne ne sera pas qu’un feu de paille, une simple opération de charme, sans véritable répercussion sur les comportements des usagers de la route ? Les Kinshasois ont besoin de solutions durables et d’un véritable engagement de la part de leurs autorités pour améliorer la situation routière.

La campagne d’assainissement des transports lancée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki pourrait être un pas dans la bonne direction, mais elle nécessite des actions concrètes et un suivi rigoureux pour transformer les intentions en résultats tangibles. Au-delà des symboles, c’est une refonte en profondeur du secteur des transports qui s’impose pour garantir la sécurité de tous les Kinois.

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