À cette occasion, Maxime Prévot était accompagné de l’ambassadrice de Belgique en RDC, de l’envoyé spécial belge pour les Grands Lacs, Marc Pecsteen, et de son conseiller pour l’Afrique, Thomas Stevens. Selon la présidence congolaise, il s’agissait de sa deuxième visite en RDC en l’espace de quatre mois. Après Brazzaville, Kinshasa et Lubumbashi, il doit poursuivre sa mission au Kenya, où il abordera la crise humanitaire en Éthiopie.
À l’issue d’un entretien de près de deux heures, le ministre belge a réaffirmé l’engagement de son pays, et plus largement de l’Union européenne, aux côtés de la RDC dans ses efforts de paix. « La Belgique reste extrêmement préoccupée par les atrocités qui se déroulent dans l’Est du Congo. Nous avons salué les efforts réalisés à Washington et à Doha pour esquisser les contours d’une paix potentielle dont la population a urgemment besoin », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, M. Prévot a souligné un décalage inquiétant entre les initiatives diplomatiques et la réalité du terrain. « Le mois qui s’est écoulé depuis la signature est probablement l’un des plus meurtriers », a-t-il regretté, dénonçant la persistance des violences, des viols et des tueries, ainsi que la dégradation de la situation humanitaire.
Évoquant l’activisme du mouvement rebelle M23, il a critiqué l’installation de structures parallèles dans l’Est du pays : « Le M23 organise sa propre administration, son appareil de justice, remplace les chefs coutumiers et agit comme si le territoire était devenu son État. Ce n’est pas acceptable ! »
Le diplomate a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de rester mobilisée, rappelant que « la Belgique a toujours défendu les principes du droit international, y compris l’intégrité territoriale et la souveraineté des États, ce qui n’est actuellement pas garanti dans l’Est de la RDC ». Il a en outre encouragé la mise en place d’un dialogue national, estimant que des signaux internes forts doivent accompagner les initiatives extérieures.
Le ministre belge a également exprimé le souhait que la situation humanitaire dans l’Est du Congo demeure à l’ordre du jour des prochains conseils européens des affaires étrangères, afin qu’elle ne soit pas reléguée au second plan sous prétexte qu’elle fait déjà l’objet d’initiatives américaines et qataries.
S’agissant des processus de Washington et de Doha, M. Prévot a salué « des initiatives louables » qu’il convient de soutenir. « Nous voulons croire à la bonne foi de toutes les parties, qu’il s’agisse de la RDC ou du Rwanda, pour parvenir rapidement à une paix durable dans l’Est du Congo. Les Européens doivent rester vigilants », a-t-il conclu.
Gloire MALUMBA.K

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