En déplacement à Kinshasa, la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a confirmé ce jeudi 16 avril 2026 que ces retours concerneront à la fois des départs dits volontaires et des expulsions forcées. Cette annonce intervient dans le cadre d’une mission officielle entamée en début de semaine en RDC, présentée comme une « mission de dissuasion », selon l’agence Belga.
Ce durcissement s’inscrit dans un contexte de hausse significative des demandes d’asile émanant de ressortissants congolais. Selon les données du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), leur nombre est passé de 1 250 en 2023 à 2 422 en 2025. La RDC figure désormais parmi les trois principaux pays d’origine des demandeurs d’asile en Belgique, derrière l’Afghanistan et la Palestine.
Pour justifier cette inflexion, la ministre met en avant l’origine géographique des requérants. D’après elle, la majorité des demandes provient de Kinshasa, et non des zones en conflit dans l’est du pays, un argument utilisé pour défendre une ligne plus restrictive.
Anneleen Van Bossuyt avait déjà adopté un discours dissuasif ces derniers jours, affirmant qu’« il ne vaut pas la peine de demander l’asile en Belgique » et estimant « presque inexistantes » les chances d’obtenir une protection internationale pour les ressortissants congolais.
Cette orientation suscite d’ores et déjà des critiques. Au sein de la communauté congolaise comme sur la scène politique belge, plusieurs voix s’élèvent. La députée Lydia Mutshebele dénonce notamment une politique qu’elle juge contraire au droit international.
En optant pour un durcissement assumé de sa politique migratoire et un discours résolument dissuasif, la Belgique entend freiner un flux en nette progression, au risque d’alimenter les tensions diplomatiques et les controverses juridiques.
Gloire MALUMBA.K

Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!