Le message a été porté, ce lundi 17 août 2026, par le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, qui représentait le président Félix Tshisekedi à ces assises. Au nom du chef de l’État, il a donné lecture de son discours devant les dirigeants de la Communauté de développement de l’Afrique australe.
Placée sous le thème de l’« industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, la transformation agricole et la valorisation des minéraux critiques, pour un monde plus équitable », la rencontre a offert à la RDC l’occasion de défendre une vision plus intégrée du développement régional.
Du haut de la tribune, Guy Kabombo Muadiamvita a réaffirmé l’attachement de Kinshasa aux principes de solidarité et d’intégration qui fondent la SADC. Mais au-delà des déclarations de principe, la RDC a surtout posé une question : comment transformer l’abondance des ressources naturelles de l’Afrique australe en capacités productives, en emplois décents et en progrès concrets pour les populations ?
La réponse congolaise passe par une montée en gamme industrielle. Cuivre, cobalt, lithium, terres arables, ressources en eau et potentiel énergétique : Kinshasa entend faire de ces atouts les piliers de chaînes de valeur régionales plus compétitives. L’objectif est de ne plus considérer les ressources naturelles comme de simples produits d’exportation, mais comme le point de départ d’une industrie capable de créer davantage de richesses et d’emplois dans la région.
Cette ambition suppose, selon la vision défendue par le président Tshisekedi, d’accélérer la transformation locale, de diversifier les économies et de rapprocher les politiques industrielles des États membres. L’intégration régionale ne devrait ainsi plus se limiter à faciliter les échanges commerciaux, mais s’appuyer sur des infrastructures interconnectées et sur une production organisée à l’échelle de la région.
Les corridors régionaux occupent, dans cette perspective, une place centrale. Le ministre congolais de la Défense les a présentés comme des instruments de développement et non comme de simples voies d’acheminement des matières premières vers les marchés extérieurs. La mise en œuvre du protocole de la SADC sur le commerce devrait, elle aussi, favoriser davantage d’échanges intrarégionaux, attirer les investissements et faire émerger des chaînes de valeur créatrices d’emplois.
Pour Kinshasa, le défi est précisément d’éviter que les richesses du sous-sol africain continuent de quitter le continent sous leur forme brute. Encore faut-il disposer des moyens financiers nécessaires à cette transformation. Sur ce point, Félix Tshisekedi partage la nécessité d’accélérer l’opérationnalisation du Fonds régional de développement de la SADC, destiné à mobiliser des ressources publiques, des capitaux privés et de nouveaux instruments de financement.
Mais l’industrialisation ne peut être dissociée de la sécurité. Dans son adresse, le président congolais a établi un lien direct entre développement et stabilité, estimant qu’aucune intégration régionale durable ne peut être envisagée sans paix.
Sur le front diplomatique, Félix Tshisekedi a ainsi rappelé l’engagement de la RDC dans les processus de Washington et de Doha visant à parvenir à une paix « juste et durable » dans l’est du pays. Il a également fait état d’avancées récentes dans le cadre de l’accord conclu à Washington.
MKG

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