Selon une dépêche de la présidence congolaise, cette annonce est intervenue lors d’une audience accordée le même jour par le président Félix Tshisekedi à la diplomate européenne, en visite dans la région des Grands Lacs. Les échanges ont porté principalement sur la dégradation de la situation humanitaire dans l’Est du pays ainsi que sur les initiatives en cours visant à produire des résultats concrets sur le terrain.
Cette visite s’inscrit dans le prolongement de la table ronde consacrée à la protection des services de santé et des services essentiels en contexte de conflit, ouverte lundi 16 février à Kinshasa. Organisée conjointement par le gouvernement congolais, l’Union européenne et le Comité international de la Croix-Rouge, la rencontre a été présidée par la Première ministre Judith Suminwa, en présence de la délégation européenne.
Les participants ont examiné plusieurs mécanismes concrets destinés à soutenir les efforts du gouvernement pour maintenir l’accès aux services essentiels dans les zones affectées par les violences armées. La RDC demeure confrontée à une insécurité persistante dans sa partie orientale, où plusieurs groupes armés, dont la rébellion de l’AFC/M23, continuent de menacer la stabilité et la sécurité des populations.
Cette instabilité alimente une crise humanitaire durable, marquée par des déplacements massifs de populations, une vulnérabilité accrue des civils et une pression croissante sur les services sociaux de base, notamment les soins de santé et l’accès à l’eau potable.
En marge de ces activités, Judith Suminwa a tenu une séance de travail avec la délégation européenne. Au cours de ces échanges, Hadja Lahbib a dénoncé le fait que les travailleurs humanitaires soient devenus des cibles dans certaines zones occupées de l’Est du pays. « Je me rends ce soir même au Burundi, puis à Goma. L’objectif est de faciliter le travail des acteurs humanitaires, rendu extrêmement difficile dans l’Est à cause de l’occupation et de l’insécurité qui règne jusqu’à Uvira », a-t-elle déclaré.
La commissaire européenne a également exprimé son inquiétude face aux obstacles rencontrés par les organisations humanitaires pour atteindre les populations vulnérables. Elle a rappelé que près de 14 millions de Congolais dépendent de l’aide humanitaire, dont environ 7 millions de déplacés internes et de réfugiés, y compris au Burundi. « Nous opérons selon les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance. Pourtant, nos partenaires rapportent être soumis à des taxes et à de multiples lourdeurs administratives », a-t-elle déploré.
De son côté, le gouvernement congolais affirme renforcer son appui aux victimes du conflit, qu’il s’agisse des déplacés internes ou des réfugiés. L’Exécutif entend également intensifier la coordination avec ses partenaires afin de garantir, même en période de guerre, un accès durable aux services essentiels pour les populations les plus vulnérables, conformément aux deuxième et quatrième piliers de son programme d’action.
Gloire MALUMBA.K

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